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09/08/2015 21:44 EDT | Actualisé 09/08/2016 01:12 EDT

Burundi: les tueurs du général Nshimirimana identifiés, tirs à Bujumbura

Les "exécutants" de l'assassinat il y a une semaine du général Adolphe Nshimirimana, homme fort de l'appareil sécuritaire au Burundi, ont été identifiés et certains arrêtés, a annoncé le Parquet, alors que d'intenses échanges de tirs ont été entendus dimanche soir dans la capitale Bujumbura, selon l'AFP.

"A ce jour, l'identité des auteurs exécutants du forfait est connue du ministère public. Un certain nombre d'exécutants ont été appréhendés. Le reste des exécutants, ainsi que les planificateurs du crime sont activement recherchés", a affirmé le procureur de la République dans un communiqué, diffusé sur les réseaux sociaux.

Ni le procureur ni sa porte-parole n'ont pu être joints, mais le porte-parole de la police Pierre Nkurikiye a authentifié le communiqué auprès de l'AFP.

Aucun nom n'est cité dans ce communiqué, publié une semaine jour pour jour après l'attaque à la roquette qui a tué le général Nshimirimana le 2 août. Il n'y est pas clairement expliqué si les commanditaires ont été identifiés.

Le procureur a également annoncé dans son communiqué qu'une enquête judiciaire avait été "immédiatement" ouverte après la tentative d'assassinat de Pierre-Claver Mbonimpa, défenseur renommé des droits de l'Homme au Burundi. Ce dernier a quitté Bujumbura dimanche soir vers la Belgique pour y être soigné, selon sa famille.

M. Mbonimpa, en chaise roulante et visiblement très fatigué, a embarqué dans un avion de la compagnie Brussels Airlines à destination de Bruxelles, dans lequel voyageaient avec lui son épouse et un médecin burundais, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On est soulagés. Là-bas, il va être soigné et faire tous les examens qu'on ne peut pas faire ici. On est aussi rassurés pour sa sécurité", a déclaré sa fille Amandine Nasagarare.

Pierre-Claver Mbonimpa a été grièvement blessé le 3 août d'une balle au visage, tirée par des inconnus à moto à Bujumbura. Cette tentative de meurtre a été largement interprétée comme une réponse à l'assassinat la veille du général Nshimirimana, que M. Mbonimpa avait par le passé publiquement accusé d'être impliqué dans des exécutions extra-judiciaires.

Depuis l'annonce fin avril de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un 3e mandat, jugé inconstitutionnel par ses adversaires, le Burundi est en proie à une grave crise politique, émaillée de violences qui persistent malgré la réélection du chef de l'Etat le 21 juillet, dès le 1er tour d'une présidentielle contestée.

- Échanges de tirs à Bujumbura -

D'intenses échanges de tirs ont été entendus dimanche soir durant près de deux heures à Bujumbura, sans qu'il soit possible de les localiser précisément ni d'en connaître l'origine, selon un journaliste de l'AFP.

Les tirs, accompagnés de plusieurs détonations, semblaient avoir cessé peu avant 23H30 (21H30 GMT). Des témoins ont fait état d'affrontements entre policiers et "insurgés" dans les quartiers voisins de Jabe et Nyakabiga, dans le nord de la capitale, sans qu'il soit possible de vérifier sur place.

Aucun bilan n'était disponible dans l'immédiat. Le porte-parole de la police n'a pu être joint.

Plus tôt dimanche, plusieurs centaines de proches et partisans de Nshimirimana, tous vêtus de noir, ont défilé en sa mémoire dans son quartier de Kamenge, où il a été assassiné, selon la presse burundaise. Les manifestations sont théoriquement interdites depuis fin avril par les autorités.

Le président Nkurunziza avait donné sept jours aux forces de sécurité pour retrouver les auteurs de l'attaque contre le général Nshimirimana, cacique du régime et considéré comme son bras droit en matière de sécurité.

Selon le communiqué du Parquet dimanche, le véhicule utilisé par les responsables de l'attaque a été "sorti du camp (militaire de) Ngagara le matin du jour du forfait". Ngagara est un quartier du centre-nord de la capitale.

Le procureur affirme que le véhicule, incendié, et "les tenues que portaient les assaillants" ont été retrouvées dans le quartier de Musaga, haut-lieu de la contestation contre un 3e mandat du président Nkurunziza, qui abrite également un camp militaire.

Selon des témoins, cités par la presse burundaise, les assassins du général Nshimirimana portaient des uniformes militaires et les observateurs soulignent que l'attaque a été menée par des hommes bien entraînés.

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