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07/08/2015 12:19 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Vol MH370: la France entreprend des recherches pour retrouver d'autres débris

KUALA LUMPUR, Malaisie — Un avion français a décollé vendredi pour rechercher, du haut des airs, des débris du Boeing 777 de la Malaysia Airlines sur l'île française de la Réunion, dans l'océan Indien.

Les autorités françaises ont annoncé une semaine entière de recherches à l'aide de bateaux et d'avions pour scruter l'île. 

Il y a neuf jours, un fragment d'aile a été découvert sur une plage. Des représentants du gouvernement malaisien ont affirmé que le morceau provenait bel et bien de l'appareil du vol MH370 disparu depuis le 8 mars 2014, mais les enquêteurs d'autres pays demeurent plus prudents.

Le préfet du département français d'outre-mer, Dominique Sorain, a déclaré vendredi que la recherche couvrirait une superficie de 120 kilomètres par 40 kilomètres autour de la côte Est, là où le fragment de l'aile de deux mètres de long a été trouvé.

M. Sorain a confirmé que d'autres objets avaient été trouvés sur les plages de l'île depuis la semaine dernière et qu'ils avaient été transportés pour fins d'analyses. Les autorités françaises ne pouvaient pas dire s'ils provenaient du Boeing 777.

Il existe une différence d'opinions entre les fonctionnaires malaisiens et leurs homologues en France, aux États-Unis et en Australie. Ils ne s'entendent pas à savoir si la partie de l'aile retrouvée était bel et bien en lien avec le vol 370.

De multiples responsables français qui participent à l'enquête à La Réunion et à Paris ont dit ne rien savoir de nouveaux débris. Le territoire français se trouve à des milliers de kilomètres à l'ouest du secteur où on recherche les débris de l'avion.

À Pékin, une trentaine de proches de passagers chinois qui étaient à bord du vol MH370 ont manifesté, vendredi, devant l'ambassade de la Malaisie dans l'espoir de parler à un fonctionnaire. Ils veulent savoir pourquoi la Malaisie a confirmé que l'aile provenait de l'avion alors que les enquêteurs français refusent de le faire. Ils se sont bagarrés brièvement avec la police, qui a empêché les parents d'approcher l'ambassade.

Quelques critiques provenaient également de la Malaisie. Le député de l'opposition Liew Chin Tong a déclaré, par voie de communiqué, que le ministre malaisien des Transports, Liow Tiong Lai, doit expliquer «la hâte et l'empressement» d'annoncer que le morceau retrouvé appartenait au Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

«Une conclusion rapide ne rendra pas justice aux proches des victimes», selon le député.

Un fonctionnaire du bureau du premier ministre malaisien, Najib Razak, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat puisqu'il n'est pas autorisé à parler de cette différence d'opinion, a affirmé que c'était au gouvernement malaisien d'informer la population et les proches des victimes.

«C'est notre avion et c'est nous qui le connaissons le mieux. Depuis que l'équipe d'enquête française est là, elle ne veut pas croire notre parole et préfère faire davantage d'analyses, a dit le fonctionnaire. Nous sommes habitués à la critique depuis le premier jour, mais donnez-nous le crédit car nous faisons de notre mieux pour y faire face.»

Les autorités malaisiennes croient que l'appareil s'est écrasé dans le sud de l'océan Indien, tuant tous les gens à son bord. L'épave n'a cependant jamais été retrouvée malgré une vaste recherche menée par l'Australie.

Le Boeing 777 s'est volatilisé en mars dernier, lors d'un vol entre Kuala Lumpur et Pékin. Cette disparition constitue toujours un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation moderne.

Eileen Ng, The Associated Press