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06/08/2015 21:53 EDT | Actualisé 06/08/2016 01:12 EDT

USA: Donald Trump enflamme le premier débat des primaires républicaines

Donald Trump, le milliardaire américain en tête de la course à l'investiture républicaine pour la Maison Blanche, a commencé le premier débat de l'élection 2016 par des provocations jeudi, s'attirant les flèches de ses adversaires, les huées et même les rires du public.

Au centre de la scène de l'arène de basket de Cleveland, entouré de neuf rivaux loin derrière lui dans les sondages, le magnat de l'immobilier a donné le ton en expliquant ne pas exclure de se présenter à la présidentielle de novembre 2016 en indépendant s'il perdait les primaires --le seul des dix à ne pas s'interdire cette option, qui bénéficierait à coup sûr au candidat ou à la candidate démocrate.

"Je ne ferai pas cette promesse à ce stade", a-t-il dit.

La déclaration, délivrée avec sa nonchalance habituelle, a déclenché les huées des milliers de militants républicains assis dans la salle, et l'attaque immédiate du sénateur Rand Paul.

"Il se couvre déjà avec les Clinton", a-t-il riposté. "Il prépare ses arrières parce qu'il a l'habitude d'acheter les politiciens".

Mais, confronté ensuite par la journaliste Megyn Kelly, de Fox News, à des déclarations sexistes passées sur les femmes, il a fait éclater la salle de rire en levant le doigt, et précisant: "seulement Rosie O'Donnell" --la comique avec qui il a autrefois échangé des insultes.

Et, illustrant son positionnement d'homme d'affaires non issu de la classe politique, il a dénoncé "le politiquement correct".

Le magnat de l'immobilier a pris la tête de la course depuis son entrée fracassante en campagne en juin. Sa popularité l'a ouvert aux critiques, certains de ses concurrents l'accusant d'avoir retourné sa chemise au cours des années, sur des sujets chers aux conservateurs comme l'avortement, l'immigration et l'assurance-maladie, qu'il voulait autrefois nationaliser.

"Je dirais la chose suivante: puisqu'il a changé d'avis sur les amnisties (de migrants clandestins, ndlr.), sur la santé et sur l'avortement, je voudrais seulement savoir sur quels principes il va gouverner", a dit Carly Fiorina, ex-patronne de Hewlett-Packard, lors d'un premier débat réunissant les sept candidats les moins bien placés dans les sondages.

- Immigration clandestine -

Les candidats républicains ont fait preuve d'une remarquable unité idéologique, tous dénonçant l'ère "Obama-Clinton" et s'engageant à revenir sur de nombreuses décisions du président démocrate, sur l'Iran, la santé et l'environnement.

Seul le sujet brûlant de l'immigration, et du sort des 11 millions de sans-papiers vivant aux Etats-Unis, a semblé ouvrir un front entre les candidats.

Là où Jeb Bush, fils et frère des anciens présidents Bush, a ouvert la porte à une régularisation progressive en échange d'une amende et d'autres conditions, Donald Trump a répété son assertion que le gouvernement mexicain envoyait ses plus mauvais éléments de l'autre côté de la frontière.

Pressé de donner des preuves spécifiques, il a éludé: "parce que nos politiciens sont stupides, et le gouvernement mexicain est beaucoup plus intelligent, beaucoup plus rusé".

"M. Trump touche une corde sensible", a toutefois reconnu le candidat John Kasich, gouverneur de l'Ohio.

- Hillary Clinton, cible commune -

L'establishment du parti avait prédit qu'il ne serait qu'un feu de paille, mais le caractère excessif de ses propos sur ses rivaux ou l'immigration ne semble qu'avoir dopé sa candidature.

Les 16 candidats et la seule candidate, Carly Fiorina, ont chacun tâché de se présenter comme les seuls capables de battre la favorite des démocrates, Hillary Clinton, en novembre 2016.

"Elle représente un troisième mandat d'une présidence ratée", a insisté le sénateur Lindsey Graham lors du premier débat.

Quand le modérateur de Fox News a demandé aux candidats de décrire en quelques mots Hillary Clinton, ils ont pêle-mêle répondu "indigne de confiance", "sans vision", "socialiste" ou encore "politicienne professionnelle".

Neuf débats ont été sanctionnés par le parti républicain jusqu'en février. Le prochain aura lieu le 16 septembre. Le parti démocrate prévoit six débats à partir de cet automne entre Hillary Clinton et ses quatre concurrents déclarés.

Les dix candidats du débat principal sont: Donald Trump, Jeb Bush, Scott Walker, Mike Huckabee, le neurochirurgien à la retraite Ben Carson, les sénateurs Ted Cruz (Texas), Marco Rubio (Floride) et Rand Paul (Kentucky), les gouverneurs Chris Christie (New Jersey) et John Kasich (Ohio).

ico/faa

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