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07/08/2015 04:49 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Thaïlande: un homme condamné à 30 ans de prison pour lèse-majesté

Un homme a été condamné en Thaïlande vendredi à 30 ans de prison pour des messages publiés sur Facebook jugés insultants pour la famille royale, une des peines les plus sévères de ces dernières années.

Sa peine "bat un nouveau record" de longévité, a déclaré son avocate, Sasinan Thamnithinan.

L'homme âgé de 48 ans, a été condamné pour six messages et photos postés sur internet: les quatre premiers dataient de septembre 2013 et deux autres de novembre 2014. Il a été condamné à dix ans de prison pour chacune des publications mais la peine a été réduite de moitié puisqu'il a plaidé coupable.

Il ne pourra pas faire appel de cette condamnation puisqu'elle émane d'un tribunal militaire et que son arrestation remonte à l'époque où la Thaïlande était encore sous loi martiale.

Jeudi, la cour militaire de Chiang Rai dans le Nord du pays, a puni un homme de 48 ans atteint de troubles psychiatriques de cinq ans de prison pour avoir tailladé un portrait du couple royal en juillet 2014.

La famille royale thaïlandaise est protégée par l'une des lois les plus restrictives au monde. Selon l'article 112 du code pénal, toute personne offensant le roi, la reine, son héritier ou le régent est passible de 15 ans d'emprisonnement pour chaque délit.

Dans ce contexte, l'autocensure sur le sujet est très forte en Thaïlande, y compris parmi les médias étrangers.

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille, dans un contexte de grande incertitude liée à la succession du roi Bhumibol Adulyadej, 87 ans.

Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté sont en constante augmentation depuis.

En mars, un homme avait été condamné à 25 ans de prison également pour des publications sur Facebook évoquant le roi. Et plusieurs personnes souffrant de troubles mentaux ont récemment été envoyées derrière les barreaux pour crime de lèse-majesté.

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