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07/08/2015 07:26 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

RDC: suspension du procès des deux militants pour atteinte à la sûreté de l'Etat

La justice congolaise a décidé vendredi de suspendre le procès de deux militants jugés pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, a-t-on appris auprès d'un des avocats des accusés.

"Le tribunal (de grande instance de Kinshasa) a sursis en attendant que la cour d'appel statue sur notre requête demandant l'annulation de la prise en compte dans l'instruction des procès-verbaux fournis par l'ANR", l'Agence nationale de renseignement, a déclaré à l'AFP Me Georges Kapiamba.

Le procès de Fred Bauma, du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha), et de Yves Makwambala, webmaître et graphiste du groupe Filimbi, s'est ouvert le 12 juin devant le tribunal de grande instance, qui siège à la prison centrale de Makala à Kinshasa, où sont incarcérés les prévenus.

Le 26 juin, leurs avocats ont contesté la validité des procès-verbaux fournis par l'ANR, estimant qu'ils avaient été établis en violation de la loi, notamment parce que les deux militants n'étaient pas assistés de leurs avocats et que leurs déclarations ont été faites sous la "torture".

Le 3 juillet, le tribunal a déclaré valides les procès-verbaux mais la défense a contesté cette décision devant la cour d'appel le 24 juillet.

MM. Bauma et Makwambala ont été arrêtés à Kinshasa le 15 mars avec une trentaine de personnes lors d'une réunion d'échange sur la bonne gouvernance en Afrique organisée par Filimbi, qui se présente comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté, non-partisan et non-violent.

Kinshasa avait dénoncé une "tentative de déstabilisation" des institutions de la RDC, et des journaux proches du pouvoir avaient titré sur la présence de "terroristes" à Kinshasa - un qualificatif réfuté depuis par une commission parlementaire.

Le climat politique est tendu en RDC à l'approche d'une série d'élections devant s'achever par la présidentielle prévue en novembre 2016, et à laquelle la Constitution congolaise interdit au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter.

En janvier, surtout à Kinshasa, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées au cours de manifestations violentes, réprimées par les forces de sécurité. Les manifestants dénonçaient un projet de loi électoral qui aurait pu permettre à M. Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son deuxième mandat.

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