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07/08/2015 13:02 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

MH370 : nouvelles recherches françaises au large de La Réunion

Les autorités françaises ont entamé vendredi de nouvelles recherches au large de l'île de la Réunion dans l'espoir de retrouver d'autres débris de l'avion du vol MH370 qui a mystérieusement disparu il y a près d'un an et demi avec 239 personnes à son bord.

Le dispositif, prévu pour une semaine, comprend un avion cargo Casa, un hélicoptère Panther de la Marine, deux autres de la gendarmerie, trois vedettes ainsi que des effectifs terrestres de police et de gendarmerie pour ratisser la côte.

Ces opérations sont réalisées sur ordre du gouvernement, après l'identification quasi-certaine du flaperon, ce fragment d'aile appartenant au Boeing 777 du vol MH370 de la Malaysia Airlines, dont on est sans nouvelles depuis le 8 mars 2014.

Mais le mauvais temps a compliqué les recherches vendredi et une vedette de la gendarmerie, sortie en mer pour retrouver d'éventuels objets flottants, a dû retourner au port.

Les responsables militaires ont finalement annoncé en fin de journée la suspension des opérations jusqu'à "dimanche, à partir de 8H00". Seuls les avions les reprendront alors.

Le Casa, avion cargo tactique militaire connu pour sa grande autonomie en vol, a patrouillé vendredi pour entamer des recherches sur une zone de 5.300 km2 à l'est de l'île.

"Les bateaux seront engagés si un débris devait être récupéré", a précisé le commandant Aline Simon, chef de cabinet du commandant supérieur des Forces armées dans la zone sud de l'océan Indien.

Pendant les recherches effectuées ces derniers jours sur les côtes, "des objets ont été trouvés, dont nous ne savons pas si ce sont des morceaux d'avion ou pas", a indiqué le préfet (le représentant de l'Etat français) à la Réunion, Dominique Sorain, évoquant notamment "des objets de la taille d'un doigt, placés sous scellés pour expertise".

Non loin de là, les autorités de l'île Maurice ont de leur côté poursuivi les recherches qu'elles avaient commencées lundi à la demande de la Malaisie. Un avion utilisé par la police a fait deux sorties jeudi, une troisième a été effectuée par un avion Defender - utilisé pour les recherches en mer -, a indiqué une porte-parole de la police mauricienne. Des recherches étaient parallèlement réalisées en mer au nord de l'île.

- Immense périmètre -

Le périmètre potentiel des recherches est immense. Si les premières analyses du flaperon retrouvé la semaine dernière à La Réunion ont permis aux enquêteurs français d'identifier avec quasi-certitude son appartenance au Boeing du vol MH370, sa provenance géographique reste incertaine.

Les recherches françaises devraient notamment avoir lieu autour du Courant Equatorial Sud (SEC). Ce courant chaud circule entre l'Australie - où les recherches de l'avion se sont concentrées - et l'Indonésie en direction de Madagascar. Selon plusieurs experts océanographes, c'est ce courant qui a charrié le flaperon jusqu'à La Réunion.

Les nouvelles opérations doivent permettre, si possible, d'apporter de nouveaux éléments susceptibles d'éclairer les enquêteurs.

Pour de nombreux experts en aéronautique, le flaperon a certes permis de confirmer que l'avion du vol MH370 s'était abîmé en mer, mais il est peu probable que les expertises toujours en cours sur cette seule pièce - ou sur les morceaux d'une valise découverts au même endroit - suffisent à expliquer les causes de l'accident, ni pourquoi le Boeing a bifurqué par rapport à son plan de vol.

Il faut donc d'autres pièces et, dans l'idéal, les enregistreurs de vol, les fameuses boîtes noires.

- Apaiser les familles -

Ces recherches visent également à apaiser les familles qui ne cachent pas leur défiance vis-à-vis des autorités malaisiennes ou australiennes.

"Ce n'est pas un débris, mais des centaines de débris qu'on doit retrouver. Un seul débris au bout de seize mois, c'est extrêmement louche", a jugé jeudi sur I-Télé Ghyslain Wattrelos, père et époux de trois des quatre victimes françaises.

"L'Australie dit que cette découverte confirme la zone de crash, mais ça ne confirme rien du tout. Je ne crois pas, depuis le début, que l'avion est tombé là où on nous l'a dit", a-t-il martelé.

Des proches des 153 disparus chinois ont quant eux demandé vendredi à la compagnie Malaysia Airlines de financer leur déplacement à La Réunion.

"Nous voulons voir en personne quelle est la véritable situation", a expliqué Lu Zhanzhong, père d'un des passagers : "Je veux aller voir si la valise de mon fils ne s'est pas échouée là-bas".

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