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07/08/2015 15:32 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Mali: principaux troubles depuis janvier 2012

Des hommes armés ont attaqué vendredi à Sévaré, près de Mopti, dans le centre du Mali, un hôtel fréquenté par des Occidentaux, où selon plusieurs sources ils retiendraient des otages, un raid qui a fait au moins huit morts.

Mopti se situe à la lisière du Nord malien, où ont été enlevés de nombreux Occidentaux et qui était tombé en 2012 sous la coupe de groupes islamistes extrémistes. Les jihadistes ont été en grande partie chassés de ces régions, mais des zones entières échappent encore au contrôle des autorités.

- 2012: OFFENSIVE DU MNLA - LES JIHADISTES OCCUPENT LE NORD DU MALI -

Le 17 janvier, la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles lancent une vaste offensive dans le Nord.

Le 22 mars, le régime d'Amadou Toumani Touré, accusé d'"incompétence" dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes, est renversé.

Du 30 mars au 1er avril, la rébellion touareg et les groupes islamistes alliés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) prennent le contrôle des capitales des trois régions du Nord: Kidal, Gao puis Tombouctou.

Mais le MNLA se fait damer le pion par Aqmi et ses alliés locaux du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'Ansar Dine, qui vont commettre de nombreuses exactions au nom de la charia.

- 2013: OPERATION SERVAL -

Le 11 janvier, la France lance l'opération Serval pour stopper la progression des islamistes armés qui menaçaient de poursuivre leur offensive vers le Sud. La veille, les islamistes s'étaient emparés de la localité de Konna, à 70 km de Mopti, menaçant de continuer leur offensive vers le Sud.

Dès le 14 janvier, les jihadistes évacuent les grandes villes du Nord après des bombardements des forces françaises et la France engage des troupes au sol.

Les 26 et 28 janvier, les soldats français et maliens conquièrent le bastion islamiste de Gao (nord-est), avant d'entrer sans combat dans Tombouctou (nord-ouest).

Deux jours plus tard, les forces françaises contrôlent l'aéroport de Kidal (nord-est). La ville est "sécurisée" par quelque 1.800 Tchadiens qui arrivent quelques jours plus tard.

- 2014: KIDAL TOMBE AUX MAINS DE REBELLES TOUAREG ET ARABES -

Le 21 mai, la ville de Kidal tombe sous le contrôle de groupes rebelles touareg et arabes après une lourde défaite de l'armée. Un cessez-le-feu est signé par Bamako et trois groupes armés, dont le MNLA.

- 2014: BARKHANE REMPLACE SERVAL -

Le 13 juillet, la force Serval est remplacée par Barkhane, une opération plus large de lutte contre le jihadisme avec 3.000 soldats français mobilisés dans cinq pays du Sahel, effective à partir du 1er août.

- 2015: ATTENTAT DE BAMAKO -

Le 7 mars, un attentat perpétré au coeur de Bamako, le premier visant des Occidentaux dans la capitale, fait cinq morts, trois Maliens, un Français et un Belge. L'attaque est revendiquée par Al-Mourabitoune, le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar.

La mort de ce dernier a été annoncée le 14 juin dans un raid américain en Libye, mais démentie, notamment par son groupe.

- 2015: LES ATTAQUES JIHADISTES S'ETENDENT -

- 2 juil: Six Casques bleus burkinabè de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) sont tués dans une attaque sur l'axe Goundam-Tombouctou (nord), revendiquée par Aqmi. La Minusma est mandatée pour veiller à l'application de l'accord de paix signé le 15 mai par le camp gouvernemental, puis le 20 juin par la rébellion à dominante touareg.

- 3 août: Onze soldats maliens sont tués dans une attaque contre leur camp à Gourma-Rharous, dans la région de Tombouctou, revendiquée par Aqmi. Le 1er août, deux militaires avaient été tués dans une embuscade vers Nampala, ville de la région de Ségou (centre), déjà visée par une attaque jihadiste en janvier (onze soldats tués).

- 7 août: Prise d'otages toujours en cours par des hommes armés dans un hôtel de Sévaré, fréquenté par des Occidentaux: au moins huit morts dont trois militaires.

acm/fal