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07/08/2015 04:43 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

La Chine veut enrayer la vague de suicides dans sa campagne anticorruption

Les procureurs et enquêteurs chinois travaillant sur des cas de corruption seront sanctionnés si les cadres qu'ils soupçonnent de malversations mettent fin à leurs jours, ont annoncé les autorités, après une série de suicides de hauts responsables visés par des enquêtes.

La vaste campagne anticorruption au sein du Parti communiste chinois et des entreprises d'Etat a conduit depuis deux ans à des limogeages en cascade, mais aussi à une recrudescence des suicides de fonctionnaires, sous le coup d'enquêtes et éventuellement soucieux d'éviter la saisie des sommes détournées au profit de leurs familles.

Dans un cas récemment médiatisé, le patron d'un groupe manufacturier étatique, pesant plusieurs milliards de dollars, a été retrouvé pendu dans son bureau, alors que des enquêteurs avaient commencé à se pencher sur les comptes de l'entreprise.

Au moins 50 responsables du Parti et fonctionnaires gouvernementaux sont morts "de causes non naturelles" depuis 2012, avait rapporté en janvier le magazine économique chinois Caixin.

Or le Parquet populaire suprême chinois --organe supervisant les procureurs dans les tribunaux du pays-- a rendu public jeudi huit directives supposées encadrer la façon dont sont menées les enquêtes sur des "abus de pouvoirs" et malversations commises par des responsables publics.

Ainsi, les enquêteurs et procureurs seront suspendus et sanctionnés "selon la loi", si en raison d'actes "illégaux" ou "gravement irresponsables" de leur part, les personnes visées par l'enquête "s'échappent, sont blessées ou commettent un suicide".

Il est par ailleurs rigoureusement interdit aux procureurs d'accepter une quelconque somme d'argent de la part des entreprises soupçonnées, d'imposer des "mesures coercitives non raisonnables" ou encore d'obtenir des aveux sous la torture, est-il rappelé dans ce texte.

"Il s'agit d'un code de conduite des procureurs dans la bataille contre la corruption", "des lignes à haute tension" que nul ne doit "s'aviser de toucher", a commenté le Parquet suprême, promettant "une tolérance zéro".

En 2013, cinq enquêteurs anticorruption du Parti communiste et un procureur à Wenzhou (est) avaient été condamnés à des peines de prison allant de 4 mois à 14 ans, après le décès du patron d'un groupe public mort par noyade alors qu'ils tentaient de lui extorquer des aveux.

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