NOUVELLES
07/08/2015 09:20 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

La Birmanie rejoint l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques

La Birmanie a rejoint l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), a annoncé vendredi cet organisme basé à La Haye, alors que le pays d'Asie du sud-est a été accusé à plusieurs reprises de produire ou d'utiliser de telles armes.

"La Birmanie est devenue aujourd'hui le 191e Etat partie à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC)", a indiqué l'OIAC, basé aux Pays-Bas, dans un communiqué.

Les Etats membres de l'OIAC s'engagent notamment à ne pas fabriquer, stocker ou utiliser d'armes chimiques, et peuvent faire l'objet d'inspections de sites douteux avec un rapide préavis.

La Birmanie a déposé son instrument de ratification le 8 juillet auprès de l'OIAC et, selon les règles de l'organisation, la convention entre en vigueur 30 jours plus tard, donc vendredi. Le pays avait signé la CIAC dès la création de cette dernière, en 1993, mais ne l'avait pas encore ratifiée.

La Birmanie doit encore soumettre à l'organisation une déclaration spécifiant certains détails sur son adhésion mais, selon le porte-parole de l'OIAC Malik Ellahi, elle a déjà indiqué qu'elle la rejoindrait en tant que pays "non-possesseur".

Le 10 juillet 2014, pourtant, cinq journalistes birmans ont été condamnés à dix ans de prison avec travaux forcés pour avoir écrit un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques.

En janvier 2013, la Birmanie avait nié utiliser des armes chimiques contre les rebelles de la minorité ethnique kachin lors de combats dans le nord du pays.

En 2005, la junte birmane avait été accusée par des défenseurs des droits de l'Homme basés à Londres d'avoir recouru aux armes chimiques contre la guérilla de la minorité ethnique karen.

L'OIAC, lauréate du prix Nobel de la Paix en 2013, s'est pour sa part réjouie de l'adhésion de la Birmanie, qui "rapproche la Convention sur les armes chimiques d'une adhésion universelle", a commenté le directeur exécutif de l'OIAC, Ahmet Uzumcu.

Seuls cinq pays n'ont pas encore ratifié cette convention : l'Angola, l'Egypte, Israël, la Corée du Nord et le Soudan du sud.

ndy/lor