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07/08/2015 11:48 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

L'interminable attente de centaines de réfugiés dans la chaleur de Berlin

Malgré une vague de chaleur, des toilettes en panne et des heures d'attente en perspective, des centaines de réfugiés patientaient vendredi devant les bureaux de l'administration sociale de Berlin, débordée par l'afflux de migrants.

Chaque jour, le ministère des affaires sociales, de la famille et de la santé (LAGeSo) de Berlin reçoit les réfugiés afin d'enregistrer leur demande d'asile et de leur attribuer une place d'hébergement.

Mais devant les bureaux situés dans le quartier de Moabit, il n'y a qu'un seul point d'eau, une partie des toilettes sont cassées et seules deux grandes tentes ont été dressées pour prodiguer un peu d'ombre aux candidats au statut de réfugié.

Des barrières ont été installées autour de l'entrée du bâtiment où une foule compacte se presse. Tous attendent qu'un employé sorte avec une pancarte portant le numéro figurant sur le ticket qu'on leur a donné à leur arrivée.

- Des jours d'attente -

Mohamad Wessam Kanchao, 40 ans, attend patiemment son tour accoudé à la barrière. Il est parti de Damas, en Syrie, le 15 juillet avec son neveu. Arrivé à Hambourg le 3 août au terme d'un long périple, il a d'abord été placé dans la région Mecklembourg-Poméranie (nord-est), avant d'être finalement transféré dans un centre d'hébergement ici à Berlin.

"Le premier jour (mercredi), j'ai retiré mon ticket et je suis directement rentré au camp" explique-t-il. Il n'avait, selon lui, aucune chance d'être reçu. "Hier (jeudi), on a attendu de 8h du matin à la fermeture des bureaux à 19h", poursuit-il doucement, tout en attendant toujours son tour vendredi.

L'Allemagne évalue que cette année un nombre record d'au moins 500.000 demandeurs d'asile sera enregistré. En 2014, le pays avait reçu plus de 202.000 demandes d'asile, soit déjà 60% de plus qu'en 2013.

Sur les pelouses clairsemées qui entourent le LAGeSo, des familles entières attendent, assises sur des couvertures.

"Il y a énormément de monde ici, et beaucoup de pression à l'intérieur" des bureaux constate Mohamad Wessam. Malgré l'attente, il semble reconnaissant du travail accompli par les employés de l'administration: "Ce sont des gens très bien" répète-t-il plusieurs fois. Une façon de dire qu'il est conscient que les fonctionnaires font leur possible.

Si dans le centre où il est logé il peut bénéficier de trois repas par jour, certains, faute d'endroit où aller, n'ont d'autre choix que de dormir sur place et de compter sur les dons.

Lorsque deux Berlinois apportent des sacs remplis d'habits et de baskets à l'arrière de leur camionnette, c'est la cohue. Les vêtements s'arrachent en quelques minutes.

- La société civile à la rescousse -

Dès lors, qu'il s'agisse de trouver des couchages ou de la nourriture pour ces migrants, c'est la société civile qui tente d'organiser les choses devant le bâtiment de Moabit.

"Nous essayons de faire en sorte que chacun ait un endroit où dormir ce week-end, lorsque les bureaux (du LAGeSo) seront fermés", explique Ulrike Kostka, directrice de la confédération d'organisations caritatives catholiques Caritas pour le diocèse de Berlin.

"Nous sommes venus spontanément, car nous voulions absolument aider", poursuit Ulrike Kostka. "Certains réfugiés seront certainement hébergés dans des paroisses".

Vingt volontaires de l'association catholique Malteser, appartenant au réseau Caritas, sont ainsi présents sur place depuis jeudi midi, afin de tenter de coordonner l'aide qu'apportent de nombreux citoyens et habitants du quartier, sous forme de dons.

Coordonner, c'est également le but du groupe Facebook "Moabit hilft" (Moabit aide), qui compte plus de 1.700 membres et qui est particulièrement actif ces derniers jours pour collecter et distribuer toutes sortes de biens, comme du dentifrice, des habits pour bébés, ou encore des biscuits.

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