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07/08/2015 10:43 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Irak: le Premier ministre appelé à être "plus courageux" face à la corruption

La plus haute autorité chiite en Irak, l'ayatollah Ali al-Sistani, a appelé vendredi le Premier ministre Haider al-Abadi à "être plus courageux" dans sa lutte contre la corruption et à dénoncer publiquement les hommes politiques qui se mettent en travers des réformes.

M. Abadi, lui-même un chiite, "doit être plus audacieux et courageux dans ses réformes", a déclaré dans un prêche lors de la grande prière du vendredi à Kerbala, Ahmed al-Safi, représentant d'Ali Al-Sistani, qui vit reclus.

Ces dernières semaines, des manifestations ont été organisées à Bagdad et dans des villes du sud de l'Irak pour dénoncer le délabrement des services publics, particulièrement de l'électricité, en pleine vague de chaleur.

Les manifestants, majoritairement des Irakiens laïcs, ont accusé la corruption et l'incompétence de la classe politique d'être la cause de la vétusté des services publics.

D'autres manifestations sont prévues vendredi soir, auxquelles devraient prendre part quelques personnalités politiques de premier plan.

Haider al-Abadi a pris ses fonctions il y a près d'un an, promettant d'agir avec fermeté contre la corruption qui avait marqué le mandat de son prédécesseur, Nouri al-Maliki.

Mais selon des observateurs, si les pots-de-vins sont moins visibles que par le passé, les mécanismes de corruption demeurent.

Le Premier ministre "ne devrait pas se satisfaire des quelques petits pas qu'il a récemment annoncés", a lancé M. Safi, au nom de l'ayatollah Sistani. Il devrait "prendre d'importantes décisions et des mesures drastiques pour lutter contre la corruption et protéger la justice sociale".

M. Abadi devrait "demander des comptes aux partis politiques, et donner les noms de ceux qui se mettent en travers des réformes, peu importe qui ils sont".

Le Premier ministre a immédiatement réagi à ces propos dans un communiqué. "Je déclare mon engagement total à suivre les conseils de la marjaïya (l'autorité religieuse chiite), qui a exprimé les inquiétudes et les aspirations du peuple irakien", a-t-il dit, ajoutant préparer un plan de lutte anticorruption et invitant les autres partis politiques à y contribuer.

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