NOUVELLES
07/08/2015 07:45 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Inondations en Birmanie: le bilan s'élève à 88 morts

Les inondations qui ravagent de grande partie de la Birmanie depuis plusieurs jours ont fait 88 victimes et l'eau continue de monter dans le delta de l'Irrawaddy (sud-ouest) encore épargné il y a peu, ont rapporté vendredi les autorités.

Au total, plus de 330.000 personnes sont affectées par les glissements de terrain et les rivières en crue, résultat de pluies diluviennes et du cyclone Komen. Des villages entiers, des routes, des milliers d'hectares de champs ont été détruits et beaucoup d'habitants ont trouvé refuge dans des monastères ou des écoles, notamment dans l'ouest et le centre du pays.

"Rien de semblable ne s'est produit avant, mais je ne suis pas le seul à souffrir" explique Soe Min Paing, un habitant de Kyauk Taing (sud-ouest), dont la maison a été totalement engloutie.

Dans le delta du fleuve Irrawaddy où une alerte aux crues a été émise, les habitants ont tenté de renforcer les digues à l'aide de sacs de sable tandis que, dans certaines régions, notamment à l'ouest du pays, l'eau a commencé à refluer.

Selon le journal officiel le Global news light of Myanmar, l'Etat Rakhine, où des milliers de musulmans Rohingyas vivent dans des camps, reste la région la plus touchée comptabilisant à elle seule au moins 55 morts. Et le bilan total pourrait encore s'alourdir puisque les secours ne peuvent pas atteindre certaines zones reculées et totalement isolées plus d'une semaine après le passage du cyclone Komen.

Les ONG redoutent aussi des problèmes de nourriture dans les semaines à venir. "Des milliers de personnes ont perdu leurs maisons, leurs moyens de subsistances, leurs productions, leur nourriture, et leurs stocks de graines", a déclaré Dom Scalpelli, le directeur du Programme alimentaire mondial.

A l'approche des élections législatives, le 8 novembre prochain, la gestion de la crise a pris une dimension politique, gouvernement et opposition tenant à prouver qu'ils réagissent rapidement. Pourtant beaucoup de victimes ont choisi de se tourner vers les groupes communautaires.

En 2008, la junte birmane qui dirigeait le pays avait été accusée de négligence et d'indifférence lors de sa gestion du cyclone Nargis, qui avait fait près de 140.000 tués ou disparus.

Les autorités ont insisté sur le fait que ces élections, cruciales, seraient maintenues.

hla/cyr/tib/ros