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07/08/2015 08:34 EDT | Actualisé 07/08/2015 08:35 EDT

Essai routier Hyundai Genesis Coupe 2015 : plus mature (PHOTOS)

Courtoisie

Certains analystes ont osé comparer la Genesis Coupe et son moteur V6 aux puissants « muscle car » américains. Évidemment, ils ne faisaient pas allusion aux versions extrêmes comme la Challenger SRT, la Camaro ZL1 ou la Shelby GT500, mais tout de même, certaines croient que la petite coréenne est en mesure de tenir tête à des voitures à moteur V8 beaucoup plus puissantes. Même si je suis en désaccord, et avant de crier au sacrilège, prenons quand même quelques secondes pour y réfléchir.

Il faut aussi prévenir les amateurs de voitures américaines : gardons l’esprit ouvert et la critique muette, le temps de voir si le petit modèle sportif coréen est capable de livrer bataille dans la même arène que les voitures américaines.

Affaire de style

Le design est ce qui distingue d’abord les « muscle car ». Personne ne mettra en doute leur allure macho, un tantinet nostalgique, et leurs dimensions qui n’en finissent plus (quiconque a déjà siégé dans un Challenger saura exactement de quoi je parle).

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Dans le cas de la Genesis Coupe, même si elle vieillit un peu – le style original date de quelques années déjà, malgré des mises à jour mineures depuis – elle garde une certaine sophistication qui ne s’applique pas aux compétiteurs américains.

Concrètement, sa ligne de toit prolongée, le long capot plongeant et les blocs optiques insérés directement dans les arêtes de la carrosserie permettent à la Genesis Coupé de se donner une allure solide, surtout quand elle est en mouvement.

Les deux entrées d’air logées directement sur le capot viennent aussi confirmer cette vocation sportive même si, il faut bien l’avouer, elle a perdu un peu de ce lustre de super sportive au fil des ans, notamment en éliminant le moteur turbo pour ne conserver que la motorisation à six cylindres.

L’habitacle de la Genesis Coupe est un modèle du genre. Alors que j’ai tendance à trouver que les tableaux de bord des voitures coréennes font un peu trop dans la simplicité volontaire, celui de la Genesis est au contraire le fruit d’une recherche ergonomique poussée.

Devant les yeux du conducteur, des cadrans arrondis cerclés de chrome facilitent la consultation et donnent toute l’information nécessaire. Logé entre les deux cadrans principaux, un petit écran d’affichage vient compléter les données élémentaires qui peuvent aisément être modifiées.

La console centrale, d’un fini semi-lustré du plus bel effet, abrite à son tour un ensemble de cadran donnant des informations notamment sur le couple, la consommation de carburant et la température de l’huile. Ce n’est évidemment pas le genre d’informations dont on ne saurait se passer, mais pour quelqu’un qui voudrait pousser sa Genesis jusqu’aux limites de sa puissance, elles peuvent être utiles.

Les autres commandes sont aussi relativement simples à comprendre et faciles à manipuler bien que, avouons-le, l’esthétisme général ne soit pas tout à fait à la hauteur de la simplicité de l’usage. On aurait aimé un peu plus de contraste, ou des cadrans moins vieillots dans la partie centrale.

Un bon mot pour des sièges moulants à souhait qui favorisent une position de conduite dynamique sans pour autant négliger le confort. On ne criera pas au génie, mais jamais la position dans l’habitacle n’a compromis le plaisir ressenti à bord. Du moins l’avant…

Car rappelons-le, la Genesis Coupe a quatre places. Mais il faudra conviction et contorsions pour se rendre aux places arrière et trouver un minimum de confort. Mon grand Fiston, pourtant généralement aventurier de nature, n’a jamais pu s’y rendre. Il faut quand même lui concéder qu’il est plus grand que son petit papa, ce qui explique la difficulté supplémentaire.

Évidemment, la Genesis étant un coupé, donc une voiture avec seulement deux portières, l’accès s’en trouve d’autant plus exigeant.

Motorisation limitée

Alors que l’ancienne Genesis offrait un choix de moteur, la nouvelle version n’a qu’une seule déclinaison de sa motorisation : un V6 3,8 litres de 348 chevaux qui est capable du meilleur et du pire. Le meilleur est une accélération intéressante dès que l’on appuie avec un peu d’insistance sur l’accélérateur. La petite sportive est alors lancée avec une certaine vigueur et, bien que la sonorité du moteur aurait avantage à être un peu plus raffinée, on ne peut vraiment rien lui reprocher.

Le pire, c’est en conduite dynamique, alors que les courbes se succèdent à bonne vitesse. Le V6 fait sentir sa lourdeur, entrainant la petite voiture à enfiler les virages avec un peu de réticence et exigeant un peu plus de doigté.

C’est dans ces moments d’enthousiasme un peu juvénile que l’on s’ennuie un peu du moteur 2.0 litres turbo qui constituait un choix amusant dans sa catégorie, mais qui était surtout beaucoup plus maniable.

Dans le cas de notre voiture d’essai, toute la puissance est transmise aux roues par le biais d’une boite manuelle à six vitesses efficace et bien étagée. Une mention plus qu’honorable pour la prise en main d’un levier bien équilibré, et pour la course du levier qui, sans être raccourcie comme pour les voitures de course, se manipule avec une grande aisance.

Autre détail non négligeable, la Hyundai Genesis Coupe a une capacité du freinage bien au-delà de la moyenne, que j’ai testée avec un peu plus d’insistance que je ne l’aurais souhaité.

L’expérience

Il faut avouer que lorsque j’ai pris en main la Genesis Coupe, mes attentes n’étaient pas très élevées. Après tout, la voiture date de quelques années, et je l’avais conduite à sa sortie, sans plus.

Dès les premiers tours de roue cependant, j’ai été impressionné de la sensation de stabilité et de solidité qui émanait de la voiture. Bien installé derrière le volant, j’ai d’abord affronté avec un peu de réticence l’heure de pointe du centre-ville que je redoutais. Après tout, une boite manuelle, si elle était doublée d’un embrayage capricieux, pouvait rapidement devenir un cauchemar. Heureusement, la pédale d’embrayage de la coréenne s’est avérée sans effort, et je m’en suis sorti sans pépin.

Mon essai a ensuite regroupé des dizaines de kilomètres d’autoroute sans que jamais nous n’ayons à nous plaindre du confort.

Conclusion

La Hyundai Genesis Coupe vieillit, c’est indéniable. On lui a insufflé une dose de sagesse en lui retirant le plus nerveux turbo, mais on a réussi à lui conserver une certaine personnalité. Elle n’est sans doute pas la plus spectaculaire de sa catégorie, mais elle défend sa position avec beaucoup d’insistance.

Elle ne peut certes pas prétendre à remplacer les « muscle car » américains, mais elle constitue certainement une alternative plus gracieuse.

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