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07/08/2015 09:06 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Enquête de trahison : le renseignement intérieur allemand soupçonne des députés (presse)

Le renseignement intérieur allemand soupçonne des députés d'être à l'origine des révélations du blog Netzpolitik, visé un temps par une enquête pour "trahison d'Etat" pour avoir publié des documents sur des projets de surveillance en ligne, estime vendredi l'hebdomadaire Der Spiegel.

"L'Office de protection de la Constitution a, via ses plaintes qui ont conduit à des investigations pour trahison d'Etat, orienté aussi le regard vers des députés du Bundestag", écrit l'hebdomadaire dans un extrait de son article à paraître samedi et titré les renseignements "orientent les soupçons de trahison de secret vers des députés du Bundestag".

Ces plaintes datant des mois de mars et avril et dont l'AFP a obtenu une copie relèvent qu'une commission parlementaire avait planché sur les plans du service de renseignement pour renforcer la surveillance d'internet et sur lesquels Netzpolitik a écrit par la suite.

Les plaintes soulignent que "les citations (dans l'article de Netzpolitik) correspondent principalement dans leur formulation au rapport" rédigé après la session de la commission. Le service de renseignements n'accuse cependant pas directement les élus.

A la suite de ces plaintes, Netzpolitik a été visé par une enquête pour trahison du procureur général, Harald Range, qui a été forcé de suspendre son enquête par son ministère de tutelle puis limogé mardi pour avoir accusé le ministre de la Justice Heiko Mass d'atteinte à l'indépendance de la justice.

Si, comme le dit le patron du renseignement intérieur Hans-Georg Maassen, les plaintes ont été déposées contre X, elles citent les noms du patron de Netzpolitik, Markus Beckedahl et du journaliste Andre Meister. Les deux hommes étaient visés par l'enquête pour "trahison".

M. Beckedahl, dans une interview vendredi à la radio, a appelé à ce que l'ensemble de l'affaire soit classée, estimant que la suspension de l'enquête, dénoncée comme une atteinte à la liberté d'expression, n'était pas suffisante.

"Les investigations n'ont pas été arrêtées et c'est toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos tête", a-t-il dit, dénonçant le "poker menteur" des autorités sur le sujet.

De son côté, l'ex-procureur à l'origine du scandale, a défendu sa charge contre son ministre dans les colonnes du quotidien FAZ.

"Je ne voulais pas sortir en rampant comme un chien battu mais passer la porte debout, et puis aussi je ne voulais pas m'exposer à des poursuites pénales", a-t-il dit.

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