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07/08/2015 16:16 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Des Irakiens manifestent contre la corruption de leurs dirigeants

BAGDAD — Des milliers d’Irakiens ont bravé la chaleur vendredi pour manifester au centre-ville de Bagdad, demandant au premier ministre de dissoudre le Parlement et de congédier les responsables gouvernementaux corrompus.  

Les forces de sécurité et la police antiémeute ont bouclé la place Tahrir et fouillé tous ceux qui entraient dans le périmètre. Malgré tout, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont envahi la place en brandissant des drapeaux irakiens et en scandant des slogans appelant au départ des officiels corrompus.

Des membres des Unités de mobilisation populaire (UMP), une coalition paramilitaire de milices en majorité chiites, ont remis des bouteilles d'eau glacée aux manifestants, un geste bruyamment et favorablement accueilli alors que la température dépassait les 50 degrés Celsius.

Les UMP, qui combattent actuellement le groupe armé État islamique, ont été formées dans l'urgence l'été dernier par le regroupement de milices et de nouveaux volontaires, en vue de renforcer les forces irakiennes après leur effondrement à la suite du blitz des extrémistes sunnites qui ont pris le contrôle du tiers du pays.

Les manifestants ont d'ailleurs rappelé vendredi que «le gouvernement vole aussi les UMP», car plusieurs des combattants affirment ne pas avoir reçu le salaire qui leur a été promis.  

Il s'agit du deuxième vendredi de manifestations à Bagdad et dans d’autres villes d'Irak. À la base, les rassemblements ont été organisés pour protester contre la mauvaise qualité des services publics, et particulièrement les coupures d’électricité, qui laissent les Irakiens sans courant plusieurs heures par jour dans une chaleur étouffante.

Le peu de réaction du gouvernement — à majorité chiite — à la suite des manifestations de la semaine dernière a intensifié la grogne des protestataires. Selon les organisateurs, les participants représentent diverses affiliations politiques et religieuses. Environ 75 pour cent d'entre eux seraient des libéraux et des communistes affiliés à différents groupes politiques pour la jeunesse ou indépendants.

Les syndicats professionnels sont également représentés. Vendredi, des membres du syndicat des avocats ont manifesté à la place Tahrir dans leur tenue de cour pour revendiquer le respect des droits fondamentaux. 

Vivian Salama, The Associated Press