POLITIQUE
07/08/2015 04:08 EDT | Actualisé 07/08/2015 04:08 EDT

Débat référendaire sans le Bloc québécois: «surréaliste», peste Duceppe

ASSOCIATED PRESS
Bloc Quebecois Leader Gilles Duceppe responds to reporter's questions at a news conference at a local riding office Friday, April 29, 2011 in Granby Que. Canadians are going to the polls on Monday. (AP Photo/The Canadian Press, Jacques Boissinot)

Gilles Duceppe fulminait, vendredi, au lendemain d'un débat des chefs auquel il n'a pas été invité et au cours duquel la clarté référendaire fut au coeur des échanges.

"J'ai trouvé ça surréaliste", a laissé tomber le chef du Bloc québécois en entrevue avec La Presse Canadienne.

Il peine à réconcilier le fait que les partis fédéralistes martèlent que l'enjeu de la souveraineté n'intéresse plus personne, mais que leurs chefs y aient consacré une importante portion d'un débat en anglais organisé par Maclean's, jeudi soir.

"Ces gens-là, que j'appelle le Bloc canadien, n'arrêtent pas de dire que les Québécois ne sont plus intéressés par ça, ils m'excluent du débat et ils prennent une demi-heure pour parler comment les Québécois devront décider et quelles règles ils vont nous imposer", a poursuivi M. Duceppe.

Débattre de clarté référendaire en l'absence de la seule formation indépendantiste constitue un manque flagrant de respect envers les Québécois, a dénoncé le leader bloquiste à l'autre bout du fil depuis la Gaspésie avant de prendre le chemin en direction de Montréal.

L'enjeu a provoqué des flammèches sur le plateau alors que le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a accusé son rival néo-démocrate Thomas Mulcair de diriger un parti qui menace l'unité nationale en raison de sa position sur la clarté référendaire.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a adopté en 2005 la Déclaration de Sherbrooke, endossant ainsi notamment le principe voulant qu'Ottawa reconnaisse un référendum gagnant au Québec avec une majorité simple (50 pour cent plus un vote) en faveur de la souveraineté.

Cette position va à l'encontre de la Loi sur la clarté référendaire adoptée en 2000 par le gouvernement de Jean Chrétien, en réaction à l'avis de la Cour suprême du Canada paru en 1998 et prônant l'exigence d'une "majorité claire", sans toutefois la définir.

M. Mulcair a répliqué avec une profession de foi fédéraliste, disant s'être "battu pour le Canada" depuis des décennies et accusant M. Trudeau d'être le seul, avec M. Duceppe, de tenir à rouvrir le débat sur la souveraineté.

Le chef du NPD est ensuite revenu à la charge en demandant à son opposant avec quel pourcentage Ottawa devrait reconnaître un référendum gagnant. En vain: le leader libéral s'est borné à répondre "neuf" en faisant référence au nombre de juges de la Cour suprême du Canada.

Cette prise de bec met la table en prévision du seul débat en français qui a été confirmé jusqu'à présent, pour lequel M. Duceppe a reçu un carton d'invitation.

Sans vouloir dévoiler quelle sera la stratégie qu'il compte déployer lors du face-à-face TVA, qui se tiendra dans près de deux mois, soit le 2 octobre, le chef du Bloc dit être impatient d'en découdre avec ses adversaires.

De passage à Peterborough, en Ontario, Thomas Mulcair a refusé de commenter la réaction de Gilles Duceppe, sauf pour plaider que cette situation illustre que les organisateurs des débats auraient tout avantage à inviter l'ensemble des partis représentés aux Communes.

"Je veux que les autres chefs soient présents. Elizabeth May (la leader du Parti vert du Canada) a enrichi le débat d'hier soir, selon moi", a-t-il illustré.

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