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07/08/2015 14:59 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

CHUM: Barrette réfute les allégations d'ingérence et de bris d'engagement

QUÉBEC — Furieux, Gaétan Barrette réfute les allégations d'ingérence et de bris d'engagement proférées par l'ex-président du conseil d'administration du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, Jean-Claude Deschênes.

«Je défie quiconque dans l'organisation du CHUM, quiconque, de faire la démonstration que j'ai fait une intervention qui s'approche même un peu de l'ingérence», a soutenu le ministre de la Santé, vendredi, lors d'un entretien avec La Presse Canadienne.

Dans une entrevue au quotidien Le Devoir, M. Deschênes annonce pour une deuxième fois en cinq mois qu'il quitte le CHUM, affirmant ne plus avoir «de temps à perdre à aller faire la marionnette» du ministre Barrette.

En conséquence, M. Deschênes retire sa candidature pour la fonction de président du conseil d'administration du CHUM, un poste qu'il occupait depuis 2014 et qu'il espérait reprendre une fois le c.a. reconstitué conformément aux exigences de la loi 10 sur la réorganisation du réseau de la santé.

En mars dernier, M. Deschênes et le PDG du CHUM, Jacques Turgeon, avaient démissionné avec fracas, reprochant au ministre de s'être immiscé dans le processus de nomination du chef de département de chirurgie pour favoriser son candidat.

Les deux hommes avaient par la suite renoncé à quitter leurs fonctions après avoir, sous l'impulsion du premier ministre Philippe Couillard, conclu une entente avec M. Barrette qui leur assurait les coudées franches dans l'exercice de leurs tâches.

M. Turgeon a néanmoins annoncé son départ le mois dernier pour aller relever de «nouveaux défis» aux États-Unis.

Quant à M. Deschênes, il reproche aujourd'hui au ministre Barrette d'avoir renié son engagement à remettre sur pied le conseil d'administration du CHUM dès le mois d'avril. M. Barrette affirme qu'il n'y a jamais eu de promesse en ce sens et que le processus prévu par la loi suit son court.

«Monsieur n'est pas content que ça n'aille pas assez vite à son goût», a pesté le ministre, rappelant que M. Deschênes faisait partie de la liste des «trois candidats présidentiables» recommandés par le comité d'experts.

«Je ne suis pas au-dessus des lois. Il trouve que ça ne va pas assez vite, moi aussi, c'est normal. Il y a encore des entrevues qui sont faites, j'ai encore des comités d'experts au moment où on se parle, qui me demandent de rencontrer d'autre monde parce qu'ils veulent faire du 'fine tuning'. C'est la loi, ce n'est pas moi», a-t-il martelé.

Selon M. Barrette, le nouveau c.a. du CHUM sera formé en septembre.

M. Deschênes prétend également que l'entente du mois de mars prévoyait pour la direction du CHUM un accès direct au bureau du premier ministre Couillard en cas de besoin. Or, les appels logés par le PDG ont été systématiquement ramenés au bureau du ministre Barrette, se plaint-il.

Le ministre rétorque qu'il «n'y a pas eu de demande de problème à régler au CHUM au bureau du premier ministre».

«J'ai confirmé avec le bureau du PM ce matin, a-t-il insisté. S'il y a un problème, un PDG, un président de c.a., peut appeler au bureau du PM, mais pour les affaires courantes, je ne pense pas que le bureau du PM va gérer l'achat du papier de toilettes de l'hôpital. Il est où le problème?»

Dans sa sortie publique, M. Deschênes accuse le ministre d'avoir une nouvelle fois tenté d'intervenir dans le processus de sélection du chef de département de chirurgie.

M. Barrette réplique qu'il a simplement répondu à une demande du PDG du CHUM.

«C'est le CHUM qui m'a demandé par écrit de l'aide. J'ai répondu et ils n'ont pas été de l'avant avec mes suggestions. Elle est où l'ingérence?», a-t-il soulevé.

Le bouillant ministre soupçonne l'ex-président du c.a. de faire preuve de mauvaise foi et se dit victime d'une manoeuvre politique destinée à lui nuire.

«Peut-être a-t-il des intentions politiques, je ne sais pas moi. Le gars fait une sortie sur la place publique, sans substance. En général, quand les gens font ça, c'est pour nuire à quelqu'un», a-t-il lancé.

Martin Ouellet, La Presse Canadienne