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07/08/2015 12:12 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Après la disparition de Natalia Molchanova, le monde russe de la plongée sous le choc

Le petit monde de la plongée sous-marine russe est sous le choc après la disparition de la "reine" de l'apnée, Natalia Molchanova, lors d'une plongée dans l'archipel espagnol des Baléares.

Détentrice de 41 records et championne du monde à 23 reprises, Natalia Molchanova a disparu dimanche lors d'une plongée de 30 à 40 mètres de profondeur, au large de l'île de Formentera.

"Elle était l'une des meilleures personnes que vous auriez pu rencontrer dans votre vie. Quand j'ai entendu la nouvelle, je n'ai pas compris ce qu'on me disait", a déclaré à l'AFP la parachutiste Olga Rissakova, elle aussi plongeuse avertie et ancienne collègue de Natalia Molchanova.

Les autorités espagnoles ont réduit jeudi l'intensité des recherches pour retrouver le corps de l'apnéiste, âgée de 53 ans. Ces recherches cesseront définitivement dimanche, une semaine après sa disparition.

- Docteur, plongeuse, poète -

Docteure en pédagogie, fondatrice et présidente de la Fédération russe de plongée et auteure de nombreux ouvrages utilisés pour enseigner cette discipline, Natalia Molchanova était également poète.

Mais elle fut surtout la première femme à plonger en apnée à plus de 100 mètres de profondeur et la première à retenir sa respiration en plongée statique pendant plus de neuf minutes.

Et, à 53 ans, Natalia Molchanova était en pleine forme, a affirmé à l'AFP Evguéni Boutov, le docteur de l'équipe russe d'apnée qui assure que la plongeuse "aurait pu être envoyée dans l'espace ou dans les profondeurs de la mer".

Selon ses amis, dont beaucoup étaient aussi des concurrents, Natalia Molchanova était admirée pour son approche "zen" de la compétition, son humilité et son altruisme.

"Elle était une formidable amie, une excellente athlète, une superbe coach, une mère aimante et une formidable professeure", a déclaré Evguéni Boutov, ému.

Andreï Tioutrine, avec qui Natalia Molchanova a appris la science de l'apnée, attribue les prouesses sportives de l'apnéiste disparue à sa formidable force mentale, que les profondeurs de l'océan avaient renforcée au fil des ans et des plongées.

"Pendant les compétitions, Natalia changeait d'état d'esprit. Elle était comme en transe", a expliqué Andreï Tioutrine: "C'était une compétitrice décontractée, la compétition était un objectif secondaire. Pour elle, un record était juste un autre record".

Des records que Natalia Molchanova continuait de battre, même à 53 ans passés. En mai, elle plongeait à 71 mètres sans palmes au large de Dahab, en Egypte, dépassant encore les limites humaines.

"Elle disait qu'elle voulait simplement montrer aux femmes de son âge que la vie n'est pas finie à 50 ans", a expliqué Andreï Tioutrine.

Dans les poèmes publiés sur son site internet, Natalia Molchanova décrivait elle-même l'émotion ressentie dans le monde du silence.

"Quand je plonge sous l'eau, mon âme devient libre", écrivait-elle en 2012. "Quand je plonge sous les rochers, c'est là où mon âme trouve son ancre".

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