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07/08/2015 10:47 EDT | Actualisé 07/08/2016 01:12 EDT

Alexis Tsipras promet d'améliorer la prise en charge des migrants en Grèce

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a promis vendredi des mesures pour améliorer les structures et les procédures d'accueil des flux croissants de migrants et réfugiés qui entrent en Europe via la Grèce, a mais souligné que cette question "dépasse" les capacités de son pays.

"Ce problème nous dépasse. La Grèce est un pays qui subit une crise économique et fait face à une crise humanitaire dans la crise", a déclaré le Premier ministre à l'issue d'une réunion ministérielle sur cette question.

Il s'est engagé à prendre des mesures pour "améliorer les infrastructures d'accueil (...)" en Grèce, "accélérer les procédures d'identification" des nouveaux arrivants et leur transfert des îles de la mer Egée où ils débarquent généralement depuis la Turquie, vers le continent.

Le Premier ministre va également charger l'un de ses proches, le ministre d'Etat Alekos Flambouraris, de diriger une instance de "coordination" de toutes les actions sur les questions migratoires, en lien avec le ministère de l'Immigration. L'un des enjeux est notamment de mieux gérer les fonds européens que reçoit la Grèce pour la surveillance des frontières et la prise en charge des migrants, et ne pas les perdre faute d'action, a reconnu le Premier ministre.

Il n'a toutefois pas présenté d'objectifs chiffrés, ni de calendrier.

Le représentant pour l'Europe du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR) a sévèrement critiqué vendredi les défaillances de l'Etat grec dans la prise en charge des migrants et des réfugiés qui débarquent en masse sur les îles grecques depuis la Turquie.

Le HCR a notamment demandé au gouvernement grec de "désigner d'urgence une seule autorité pour coordonner" ses actions.

Mais Alexis Tsipras en a également de nouveau appelé à la solidarité européenne: "c'est un problème international, un problème européen (...). La solidarité européenne ne peut pas être à la carte", a-t-il fait valoir, mettant en cause certains pays de l'UE "qui refusent le principe de solidarité" sur la question migratoire.

Pour le Premier ministre grec, "les pays d'arrivée des migrants ne peuvent se transformer en entrepôts d'âmes humaines et la Méditerranées en cimetière".

De janvier à juillet le HCR estime que quelque 124.000 réfugiés et migrants sont arrivés de Turquie dans les îles grecques, principalement Lesbos, Chios, Kos, Samos et Leros.

Certaines de ces îles possèdent des centres d'enregistrement et d'accueil temporaire des migrants, dont les capacités sont débordées ; d'autres îles ne disposent d'aucune structure. Les campements improvisées sur les plages ou près des ports sont fréquents.

Pour l'immense majorité de ces migrants, la Grèce n'est qu'une étape de transit dans leur voyage vers le nord de l'Europe.

La Grèce dispose d'un total de 1.100 places en centres d'hébergement pour les migrants et réfugiés qui peuvent y prétendre une fois validée leur procédure d'identification.

Vassilis Papadopoulos, secrétaire général pour l'Immigration au ministère de l'Intérieur, a indiqué vendredi sur la radio municipale d'Athènes que l'objectif était d'arriver à "2.500 places" d'ici la fin de l'année, affirmant que le message critique du HCR avait été "bien compris" par les autorités grecques.

Alexis Tsipras avait convoqué une réunion d'urgence, avant l'annonce du HCR, pour examiner notamment la relocalisation d'environ 500 migrants afghans, dont de nombreuses familles, qui campent depuis plusieurs semaines dans un parc du centre d'Athènes.

Un lieu d'accueil est en cours d'aménagement sur un terrain désaffecté de la banlieue de la capitale où ils devraient être transférés dans les prochains jours, selon le ministère.

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