POLITIQUE
06/08/2015 11:00 EDT | Actualisé 07/08/2015 06:50 EDT

Le NPD peut-il gagner les élections fédérales de 2015 sans l'Ontario?

Bloomberg via Getty Images
Tom Mulcair, leader of Canada’s main opposition New Democratic Party, speaks during an interview in New York, U.S., on Thursday, March 14, 2013. During a visit to Washington this week Mulcair told U.S. lawmakers and executives that he opposes the Keystone XL oil pipeline, according to the Edmonton Journal. Photographer: Peter Foley/Bloomberg via Getty Images

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, pourrait très bien finir troisième en Ontario et tout de même devenir le prochain premier ministre du Canada.

Mais son parti se doit de mettre la main sur au moins 32 sièges dans cette province riche en voix, en plus de livrer des batailles cruciales en Colombie-Britannique et au Québec.

Actuellement, les néo-démocrates sont largement en tête au Québec et en Colombie-Britannique, deux provinces qui pourraient leur valoir plus de la moitié de leurs sièges.

Les libéraux détiennent le Canada atlantique (bien que leur avance soit en train de diminuer), tandis que les conservateurs sont de toute évidence en tête en Alberta.

Mulcair doit cependant obtenir en Ontario de meilleurs résultats que ceux de Jack Layton en 2011 s’il souhaite remporter la victoire. La province représente environ un tiers des sièges à la Chambre des communes.

Le problème? Même si le NPD se trouve en ce moment en tête des sondages à l’échelle nationale (ce qui a été le cas pendant un bon moment cet été), il semble demeurer bon deuxième voire troisième en Ontario. En outre, le vote néo-démocrate ne paraît pas particulièrement efficace dans cette province.

La bonne nouvelle? Mulcair n’a qu’à gagner environ 10 sièges.

Le graphique ci-dessous représente les résultats possibles en Ontario, en fonction de toutes les données actuellement disponibles (sondages, résultats électoraux passés, etc.).

Sur l’axe horizontal, vous avez le possible partage des voix (par exemple, le NPD pourrait obtenir jusqu’à 38 pour cent du vote en Ontario ou aussi peu que 26 pour cent, si l’on tient compte de l’incertitude des résultats des sondages).

L’axe vertical montre le nombre de sièges dans chaque cas de figure. Comme vous pouvez le constater, avec les mêmes pourcentages, le NPD peut gagner plus ou moins de sièges tout dépendant des résultats obtenus par les autres partis, de l’efficience et de la distribution des voix, etc. (par exemple, notre système électoral ne traduit pas de parfaite façon les pourcentages en sièges).

La première chose à retenir est que le NPD est en mesure de l’emporter en Ontario. Ses chances demeurent minces à 1,2 pour cent, selon les récents sondages, mais elles existent. En contrepartie, un sombre scénario verrait le NPD gagner approximativement 20 sièges.

En moyenne, cependant, le NPD se tient actuellement à environ 30 pour cent, ce qui lui vaudrait de 30 à 35 sièges. Il s’agit d’une légère augmentation par rapport aux 22 sièges détenus en Ontario (où il n’y avait que 108 sièges au total sur la précédente carte électorale).

De toute évidence, un gain de 60 sièges aiderait Mulcair à devenir premier ministre, mais ce scénario est très peu probable en ce moment. Si nous nous penchons sur le lien entre le nombre de députés élus en Ontario et les scénarios donnant au NPD le plus grand nombre de sièges à la grandeur du pays, nous constatons une corrélation de 0,4, ce qui démontre un lien relativement fort. Encore une fois, cela n’est pas étonnant, l’Ontario constituant la principale source de sièges aux Communes.

Il est donc peut-être plus facile de dire que tant que le parti sera en mesure de gagner 32 sièges en Ontario, il sera le favori pour remporter la majorité des sièges à l’échelle nationale.

L’Ontario demeure la seule grande province à ne pas avoir succombé aux charmes du NPD. Bien que de nombreuses choses puissent arriver en 11 semaines, ce parti ne peut y espérer des gains importants à moins qu’il n’obtienne un soutien de plus de 35 pour cent. Comme le montre le graphique, le nombre de sièges ne commence à augmenter rapidement qu’au-delà de ce seuil.

En même temps, Mulcair n’a pas besoin de réaliser des gains majeurs dans cette province, pas plus qu’il n’ait besoin d’y être victorieux. En autant qu’il gagne quelque 32 sièges ou plus, en prenant pour acquis qu’il ne perde pas de terrain en Colombie-Britannique et au Québec (deux grosses hypothèses, évidemment), son parti peut l’emporter.

Et si vous pensez qu’un tel résultat ne serait pas légitime, rappelez-vous que Stephen Harper a remporté une victoire majoritaire en 2011 en n’ayant élu que cinq députés au Québec.

Un seul sondage a été rendu public lors des cinq premiers jours de la campagne officielle — et ses données ont été récoltées un dimanche, quelques heures après le déclenchement de la campagne.

Ainsi, nos premières projections de sièges formulées lundi demeurent inchangées.

Bryan Breguet a un baccalauréat ès sciences en économie de la politique et une maîtrise ès sciences en économie de l’Université de Montréal. Il a fondé en 2010 TooCloseToCall.ca où il fournit des analyses et projections électorales. Il a collaboré avec le National Post, Le Journal de Montréal et l’Actualité.

Il fournira des analyses et mises à jour pour le Huffington Post Canada tout au long de la campagne électorale fédérale. Pour les projections par circonscription, consultez son simulateur interactif.

Cet article initialement publié sur le Huffington Post Canada a été traduit de l’anglais.

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