DIVERTISSEMENT
06/08/2015 08:32 EDT | Actualisé 06/08/2015 09:16 EDT

Festival OSM Virée classique: 45000 amoureux de «Carmen» au Parc olympique (PHOTOS)

Maxime Desnoyers

Ils étaient plus de 45 000 personnes rassemblées hier soir (mercredi) au Parc olympique; 45 000 amateurs de musique calmement entassés, patientant dans un seul but commun : avoir la chance de voir à l'oeuvre le grand maestro Kent Nagano, alors que l'Orchestre symphonique de Montréal s'apprêtait à partager la scène avec la fameuse Carmen de Bizet.

De l'opéra en plein air

Le public, il fallait s'y attendre, s'est retrouvé à nouveau fort nombreux au rendez-vous de ce concert extérieur gratuit d'une qualité inouïe. Présenté dans le cadre de la quatrième édition du Festival OSM Virée classique, l'événement a séduit par ses invités triés sur le volet, la perfection des présentations ainsi que la puissance se dégageant de la totalité de la performance.

Au programme de cette soirée parfaitement musicale, quelques-uns des grands moments du célèbre opéra Carmen de Bizet en version concert. Une histoire d'amour et de passion au dénouement tragique comme on les aime, des chants bien connus et des interprètes à la voix et à la présence sur scène tout simplement grandiose.

Ils sont neuf chanteurs lyriques et neuf danseurs de la compagnie La Poesia del Flamenco à avoir partagé la scène extérieure avec la danseuse et chorégraphe Shraddha D. Blaney, le Choeur de l'OSM et le chef d'orchestre Kent Nagano. Un maestro qui, par moment, semblait s'impliquer dans cette histoire qui envahissait la scène, interagissant de son intense regard avec les personnages évoluant tout autour.

Costumés, passionnés et merveilleusement talentueux, les acteurs-chanteurs n'ont pas hésité à se mélanger aux musiciens sur scène, le maestro toujours bien en évidence, visiblement heureux, en plein coeur de l'action livrée en Français.

Tout autour et jusque très, très loin derrière, l'impressionnante foule pouvait au moins suivre l'action sur les écrans géants placés à certains endroits stratégiques. Une initiative fort appréciée par les retardataires et les spectateurs qui n'avaient pu se rendre sur place plusieurs heures avant le spectacle tel que recommandé par les organisateurs.

Maître de cérémonie et narrateur

C'est à l'animateur et porte-parole du Festival OSM Virée classique André Robitaille qu'a été confié le double rôle de maître de cérémonie et de narrateur de Carmen.

«Ce n'est pas la première fois que je participe à un événement de l'OSM, a-t-il expliqué quelques minutes avant le concert. J'ai eu la chance d'animer des concerts estivaux dans les parcs, nous avons fait des événements ensemble à la Place des Arts et j'ai aussi fait un événement avec maestro Nagano alors qu'on vivait les événements tragiques il y a quelques étés.»

«La musique me plaît, a-t-il ajouté. J'écoute de tout, mais la musique classique est dans mes oreilles depuis toujours grâce à mes parents, à mon frère qui est un mélomane et ma sœur, qui est musicienne. La musique fait partie de ma vie. J'ai aussi quelques projets théâtraux derrière moi qui incluaient de la musique comme Amadeus.»

«Maestro Nagano et moi travaillons bien ensemble. C'est un privilège pour moi de côtoyer un grand comme lui. J'avoue humblement que c'est aussi un privilège qu'il apprécie ma présence ainsi que mon travail. Il m'a beaucoup flatté en me disant qu'il aimait beaucoup ma voix, ce qui fait que je suis devenu le narrateur de Carmen. Maestro Nagano a demandé à ce que ce soit moi, car il aimait mon timbre de voix, mon instrument. Nous nous entendons bien, nous avons fait beaucoup d'entrevues ensemble et nous partageons une passion qui est commune.»

«La musique a traversé le temps depuis des centaines d'années. Cette musique-là est trop belle et fait du bien au coeur, qu'on soit expert ou simplement intéressé par la musique. La musique en direct, c'est le fait de recevoir au coeur la vibration des cordes qui la rend unique. Et puis, aujourd'hui tout particulièrement, c'est la musique qui va gagner.»

Une pensée pour Hiroshima

Juste avant que maestro Nagano n'entame les premières notes de la soirée, une cérémonie de la paix commémorant le 70e anniversaire du bombardement d'Hiroshima s'est tenue dans le jardin japonais du Jardin botanique de Montréal. Retransmis sur les écrans géants, l'événement auquel a participé le maire de Montréal, Denis Coderre, se voulait un hommage aux 140 000 victimes de la tragédie ayant touché Hiroshima, ville jumelle de Montréal depuis 1998.

Suite aux retentissements de la Cloche de la paix, trois pièces ont été livrées par les musiciens de l'OSM, Kent Nagano et le Choeur des enfants de Montréal: Heidenröslein de Schubert, Paroles de paix de Nodaïra et yuuyake koyake (ciel embrasé) de Beintus.

Pour en savoir plus, visitez le site du Festival OSM Virée classique.

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