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02/08/2015 08:50 EDT | Actualisé 02/08/2015 10:14 EDT

Jour 2 à Osheaga : Kendrick Lamar et Nas, deux rois du rap (PHOTOS)

En ce second jour de festival Osheaga, les rappeurs Nas et Kendrick Lamar étaient deux têtes d’affiche incontournables pour ceux qui aiment leur genre musical de prédilection. Deux Américains, deux générations, deux scènes, deux monstres du hip-hop.

Il était difficile d’ignorer Kendrick Lamar dans la programmation du festival Osheaga cette année. Bien que le rappeur californien soit venu au même événement, il y a deux ans, son très respecté disque To Pimp A Butterfly valait sans contredit le détour. Il fallait bien voir comment Lamar allait transposer sur les planches tous les détails de son troisième et épique album qui s’est envolé comme des petits pains chauds dès sa première semaine de diffusion au mois de mars.

La star du hip-hop pouvait-elle « pimper » son concert à la hauteur de ce disque considéré comme faisant partie de la meilleure cuvée de l’année ?

En 2013, Lamar s’était avéré une sorte de surprise à Osheaga. Sa performance avait en quelque sorte marqué l’imaginaire des festivaliers. Pour ceux qui l’avaient vu sur scène, bien entendu. Or, à l’époque, son concert n’avait pas clôt l’une des journées de l’événement. Kendrick Lamar était sur une lancée, mais il n’était pas arrivé au sommet…

Résultat de sa seconde visite au festival : scène gigantesque, gros jeux d’éclairage, amateurs hystériques, poitrines féminines dénudées, corps animés par de lourdes basses, mains levées suivant la cadence, bref, difficile de ne pas sentir la « vibe » d’appréciation des spectateurs à l’endroit de cet impressionnant entertainer devenu un géant du rap. Musicalement, Lamar a opté pour une interprétation musclée de son matériel. Il était en effet accompagné d’une formation rock incluant un batteur, un guitariste et un bassiste. Impossible, donc, de rendre toutes les subtilités de To Pimp A Butterfly, mais la proposition générale n’en était pas moins réussie dans l’ensemble. Il faut dire que pour un concert extérieur à Osheaga, devant quelques dizaines de milliers de spectateurs qui veulent se défouler, ce n’est pas le meilleur moment pour s’affairer aux menus détails. En clair, les gens veulent de l’énergie et de l’ambiance. Comme c’était le cas pour Eminem (2011), Snoop Dogg (2012) ou encore Outkast l’an dernier. De ce brut (il est néanmoins «raffiné» le Lamar comparativement à bien d’autres de ses homologues) et de ce pesant, les amateurs ont été servis, à commencer par le premier morceau Money Trees, qui a donné le ton. Boum !

« La dernière fois que je suis venu à Osheaga, j’ai réalisé que j’avais à Montréal les meilleurs fans de la planète, a envoyé plus tard Kendrick Lamar. Je vois beaucoup de ces mêmes visages ce soir (traduction libre). You’re my homies forever. »

Avec les M.A.A.D City (part II), Swimming Pools, Bitch, Don’t Kill My Vibe, Basckseat Freestyle (de son deuxième album studio sorti en 2012) et autres morceaux de son récent disque - comme i, King Kunta (appuyé d’un gros riff entrainant) et Alright (interprété avec Yasiin Bey, alias Mos Def, invité à la dernière minute par les organisateurs du festival afin de remplacer Action Bronson), Kendrick Lamar a confirmé en 90 minutes qu’il est un rappeur de premier ordre. Du costaud. Et pourtant, il peut faire encore mieux le roi du hip-hop. Car Lamar, visiblement, est bourré de talent.

Nas, pendant l’orage

Pour ceux qui aiment le rap, une autre sommité se produisait plus tôt sur la scène Verte, à 6 h 15. Nas était définitivement un invité de marque de l’événement. Influencé par Dr Dre et 2Pac, le rappeur d’origine new-yorkaise est estimé comme étant l’un des plus grands du hip-hop sur la planète. Du moins, il a connu son moment de gloire.

Rappelons que son premier album studio Illmatic (1994) est considéré parmi les 500 plus grands disques de tous les temps par le Rolling Stone. Parmi sa dizaine d’albums studio, il a fait du bon et du moins bon. Son plus récent, Life Is Good (2012), fait plus que le travail.

Accompagné d’un DJ, Nas a d’ailleurs été généreux en classiques issus de Illmatic : Life’s a Bitch, N.Y. State of Mind, The World Is Yours, It Ain’t Hard to Tell, Represent et One Love (avec une finale à la Bob Marley qui était de toute beauté) ont notamment été livrés à la gigantesque foule (10 000 personnes, peut-être) qui envahissait cette petite vallée. Sérieusement, ces succès font partie de la meilleure musique hip-hop jamais produite et ils résonnent toujours très bien en 2015.

À mi-chemin du spectacle, une ou deux chansons avant If I Ruled the World et ses paroles « Walk Right Up To The Sun » (quelle ironie !) une pluie diluvienne s’est abattue sur les spectateurs, qui n’avaient guère d’endroit pour s’abriter ou simplement fuir. Outre ceux qui s’étaient armés d’un parapluie ou d’un imperméable (souvent de fortune), les spectateurs se sont tout simplement abandonnés à Mère Nature et aux rythmes de Nas. Dès lors, l’ambiance s’est transformée en quelque chose de vraiment festif. Aucun nuage noir n’allait arrêter les gens de chanter et danser. Et encore moins Nas de chanter. Bons beats, bonne vibe, comme on dit.

Au moment où le ciel se faisait plus clément et que les vêtements se vidaient lentement de leur litre d’eau, le chanteur de 41 ans, lui, n’entendait pas terminer le concert sans avoir fini d’interpréter One Mic (album Stillmatic, sorti en 2001). Pourtant, à 500 mètres de là, le groupe Desaparecidos avait commencé à jouer depuis deux minutes. Résultat loufoque et cacophonique. Mais qui aurait osé débrancher Nas ? Au diable la règle, Nas voulait finir en beauté. Ce qu’il a fait.

Définitivement, l’Américain a adoré ce concert. Tout comme la grande majorité des spectateurs venus célébrer un autre roi du hip-hop.

I Can (album God’s Son, 2002) a aussi chanté Nas durant le spectacle. En effet, il peut encore… « Save the music y’all, save the music y’all ».

Seul hic, un son toujours relativement pourri pour cette scène Verte qui aurait bien besoin d’aide…

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