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31/07/2015 06:29 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Zone euro: l'inflation et le chômage à la peine, pression sur la BCE

L'inflation continue de stagner à des niveaux extrêmement faibles au sein de la zone euro tandis que le nombre de chômeurs est reparti à la hausse pour la première fois cette année, selon des indicateurs publiés vendredi, ce qui met la pression sur la Banque centrale européenne pour poursuivre son action en faveur de la croissance.

L'inflation est restée stable en juillet, à 0,2% sur un an, a indiqué vendredi Eurostat, en publiant une première estimation de cet indicateur.

Un chiffre conforme aux attentes des analystes mais qui reste une déception pour l'institut monétaire, qui a mis en oeuvre depuis plusieurs mois un vaste programme de rachats d'actifs pour faire repartir l'inflation à la hausse et vise à moyen terme un taux légèrement inférieur à 2%.

Cela prouve que "la BCE a encore beaucoup de travail à faire ", estime James Howat de Capital Economics.

Le programme de rachats de dettes publiques et privées de la BCE, dit d'assouplissement quantitatif, doit se poursuivre jusqu'en septembre 2016 et injecter plus de 1.100 milliards d'euros dans l'économie de la zone euro.

Pour l'analyste, les données publiées vendredi vont dans le sens d'une poursuite de ce programme et de possibles mesures supplémentaires de politique monétaire pour ramener l'inflation vers sa cible.

Car elle "devrait rester à des niveaux bas dans les mois qui viennent et progresser graduellement vers la fin de l'année, autour de 1,0% en décembre", avance Johannes Gareis de Natixis.

En juillet, c'est une nouvelle fois la baisse des prix de l'énergie qui a pesé sur la tendance. Ils ont reculé de 5,6%, plus qu'en juin (-5,1%). Les services ont eux connu le taux le plus élevé (1,2%, contre 1,1% en juin), suivis de l'alimentation, alcool et tabac (0,9%, contre 1,1% en juin), des biens industriels non énergétiques (0,5%, contre 0,3% en juin).

L'inflation sous-jacente - hors énergie, alimentation, alcool et tabac -, considérée comme plus révélatrice, a toutefois légèrement accéléré à 1,0% en juillet contre 0,8% le mois précédent, notent les analystes, y voyant des raisons d'espérer un redémarrage à moyen terme.

Autre signe inquiétant pour la santé de la zone euro: le nombre de chômeurs a augmenté en juin (+31.000) pour la première fois depuis le début de l'année. "Une déception", juge Bert Colijn, analyste pour la banque ING. Le taux de chômage est lui resté stable à 11,1% niveau auquel il plafonne depuis le mois d'avril.

"Cette hausse est principalement due à l'Italie, qui a enregistré quelque 55.000 chômeurs de plus (en un mois), pendant que la plupart des économies européennes affichaient des baisses du nombre de chômeurs", a développé l'analyste, citant le cas de l'Allemagne, l'Espagne et des Pays-Bas.

En juin, la zone euro comptait au total quelque 17,75 millions de chômeurs, soit 811.000 de moins qu'il y a tout juste un an.

Le taux de chômage le plus faible parmi les pays de la zone euro a été enregistré en Allemagne, où il est resté à son plancher de 4,7%. Malte s'impose à la deuxième place avec un taux de 5,5%, devant le Luxembourg (5,7%) et l'Autriche (6,0%).

Sans surprise, le taux le plus élevé a été enregistré en Grèce, où il culminait à 25,6% selon les dernières données disponibles, datant d'avril. Suit l'Espagne (22,5%).

Sur un an, le taux de chômage a le plus baissé en Lituanie (de 10,9% à 8,5%), en Espagne (de 24,5% à 22,5%) ainsi qu'au Portugal (de 14,3% à 12,4%). Les hausses les plus importantes sur un an ont quant à elles été enregistrées en Belgique (de 8,4% à 8,6%), en Italie (de 12,4% à 12,7%), en Autriche (de 5,7% à 6,0%) et en Finlande (de 8,6% à 9,5%).

Dans l'ensemble de l'UE, le taux de chômage était de 9,6% en juin, soit 23,29 millions de personnes, parmi lesquelles 4,72 millions de jeunes.

may/jh