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31/07/2015 07:02 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Un bébé palestinien brûlé vif dans une attaque de colons israéliens

Un bébé palestinien a été brûlé vif et ses parents et son frère gravement blessés vendredi lorsque des colons israéliens ont incendié leur maison en Cisjordanie occupée, une attaque qualifiée de "terroriste" par Israël.

Ce qualificatif très rare et les condamnations des dirigeants israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu en tête, n'ont pas convaincu les Palestiniens qui ont tenu le gouvernement israélien "entièrement responsable" de la mort du bébé en raison de "l'impunité accordée pendant des décennies aux colons".

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé que l'Etat hébreu devra répondre de ce nouveau "crime de guerre" devant la Cour pénale internationale (CPI). "Nous préparons immédiatement le dossier qui sera soumis à la CPI".

Des centaines de Palestiniens ont commencé à manifester à Ramallah, en Cisjordanie, et à Gaza à la sortie des mosquées. Plusieurs milliers d'autres personnes ont défilé dans le village de Douma lors des funérailles du bébé Ali Dawabcheh, un an et demi, son petit corps enveloppé dans un drapeau palestinien porté à bout de bras.

Vendredi à l'aube, selon des responsables de sécurité palestiniens et israéliens, des colons ont jeté des cocktails Molotov par les fenêtres, ouvertes en raison de la chaleur estivale, de deux maisons de Douma près de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie.

Avant de s'enfuir, ils ont dessiné une étoile de David sur les murs et écrit "le prix à payer" et "vengeance", deux jours après la démolition par les forces israéliennes de deux maisons en construction dans une colonie proche de Ramallah.

Le bébé a été brûlé vif. Sa mère Riham, 26 ans, son père Saad et son frère Ahmed, quatre ans, ont été blessés et transférés vers un hôpital israélien. Un quatrième blessé, une fillette selon certaines sources, a été aussi hospitalisée.

La mère, avec des brûlures au troisième degré sur 90% du corps, le père, sur 80% du corps et leur fils Ahmed, quatre ans, à 60%, sont désormais tous trois "en danger de mort", selon des médecins israéliens.

- Arrêter et juger 'les meurtriers' -

Fait exceptionnel, le président israélien Reuven Rivlin se rendra dans l'après-midi à leur chevet, a annoncé son bureau.

Depuis des années, des activistes de l'extrême droite israélienne ou des colons se livrent, sous le label du "prix à payer", à des agressions et des actes de vandalisme contre des Palestiniens et des Arabes israéliens, des lieux de culte musulmans et chrétiens, ou même des soldats israéliens. La plupart des agressions sont restées impunies.

"C'est un acte de terrorisme en tout point", a dénoncé M. Netanyahu, son ministre de la Défense Moshé Yaalon condamnant des "terroristes juifs".

M. Netanyahu a donné ordre aux "forces de sécurité d'utiliser tous les moyens pour arrêter les meurtriers et les traduire en justice", selon un communiqué officiel.

Mais Saëb Erakat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a estimé qu'"on ne peut dissocier cette attaque barbare" d'un "gouvernement qui représente une coalition pour la colonisation et l'apartheid".

La direction palestinienne se réunira en début de soirée.

- La police en alerte -

Pour Yaariv Oppenheimer, dirigeant de la Paix Maintenant, une ONG israélienne opposée à la colonisation des territoires palestiniens, ce genre "d'agressions de la part des colons est devenue une véritable épidémie", notamment du fait de "l'indulgence dont fait preuve le gouvernement envers les violences antipalestiniennes et les discours de haine".

En mai, l'organisation israélienne Yesh Din estimait que 85,3% des plaintes de Palestiniens après des attaques de colons étaient classées sans suite et seules 7,4% des plaintes conduisent à des actes d'accusation et seulement un tiers des poursuites à une condamnation.

En prévision de manifestations, la police israélienne était déployée en masse dans la Vieille ville de Jérusalem, notamment aux abords de l'Esplanade des mosquées dont l'accès était de nouveau interdit aux hommes de moins de 50 ans.

Le Hamas a promis "une punition à la hauteur de ce crime" qui "fait des soldats de l'occupant et des colons des cibles légitimes partout".

L'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient, Nickolay Mladenov, s'est dit "outré" par cette attaque, et la Jordanie a condamné un "crime odieux qui aurait pu être évité si le gouvernement israélien n'avait pas (...) tourné le dos à la paix".

L'Union européenne a appelé "à la pleine responsabilité, l'application efficace de la loi et à la tolérance zéro pour les violences des colons".

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