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31/07/2015 10:17 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Trois ex-cadres de TEPCO seront accusés pour le désastre nucléaire de Fukushima

TOKYO — Trois ex-cadres de la compagnie électrique japonaise TEPCO recevront des accusations criminelles pour la négligence dont ils auraient fait preuve dans le désastre nucléaire de la centrale de Fukushima.

Un rapport dévoilé vendredi indique qu'un comité judiciaire indépendant a voté en faveur de la mise en accusation de Tsunehisa Katsumata, 75 ans, qui était président de la compagnie Tokyo Electric Power (TEPCO) au moment de l'accident, ainsi que des vice-présidents Sakae Muto, 65 ans, et Ichiro Takeguro, 69 ans.

Les procureurs de Tokyo avaient précédemment rendu des décisions, en septembre 2013 et en janvier 2015, pour ne pas porter d'accusations, invoquant le manque de preuves que les autorités pouvaient prévoir le risque de tsunami.

Or, la seconde décision en ce sens du comité judiciaire formé de 11 citoyens prévaut sur les deux décisions précédentes des procureurs. Les trois dirigeants seront donc accusés de négligence professionnelle. Ce sera le premier dossier criminel lié à l'accident nucléaire à se rendre devant les tribunaux.

La cour de district de Tokyo doit maintenant nommer une équipe d'avocats qui agiront comme procureurs pour accuser formellement les cadres.

En mars 2011, un séisme et un tsunami ont provoqué des fusions dans trois réacteurs nucléaires à la centrale Dai-ichi de Fukushima et d'importants rejets radioactifs qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à évacuer la région.

Des rapports d'enquête du gouvernement et du parlement pointaient la faible culture de sécurité et de gestion des risques.

Dans sa décision du 17 juillet, le comité soutient que les trois responsables concernés ont omis de prendre les mesures nécessaires, même s'ils étaient pleinement conscients du risque de tsunami à la centrale de Fukushima au moins deux ans avant l'accident. Ils souhaitent qu'ils soient accusés de négligence professionnelle ayant causé la mort et des blessures, et pour les conséquences de l'accident, dont la mort de dizaines d'aînés dans un hôpital durant et après une longue évacuation.

Vendredi, le comité a affirmé que la centrale de Fukushima de TEPCO avait la réputation d'être l'une des usines nucléaires avec «le moins de marge de sécurité en cas de tsunami».

La décision répond à un appel représentant plus de 5700 personnes de Fukushima et d'ailleurs au Japon afin que les procureurs enquêtent et poursuivent les responsables.

Le président actuel de TEPCO, Naomi Hirose, a refusé de commenter étant donné que le dossier se poursuit.

Mari Yamaguchi, The Associated Press