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31/07/2015 07:14 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Russie: la banque centrale abaisse son taux directeur malgré la rechute du rouble

La banque centrale de Russie a décidé vendredi d'abaisser son taux directeur à 11%, contre 11,5% auparavant, cherchant à soutenir une économie en pleine récession malgré "un léger renforcement des risques inflationnistes" alors que le rouble s'affaiblit de nouveau.

Annoncé dans un communiqué de la Banque de Russie, ce desserrement du robinet du crédit, le cinquième cette année, était attendu des économistes mais les cartes avaient été brouillées ces derniers jours par une rechute du rouble à ses plus bas niveaux depuis mars.

Cette décision a été prise "en prenant en compte que l'équilibre des risques penche du côté d'un ralentissement considérable de l'économie malgré un léger renforcement des risques inflationnistes", a expliqué l'institution dans un communiqué.

La banque centrale avait porté brutalement en décembre son taux à 17%, en plein effondrement du rouble causé par la chute des cours du pétrole et les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne.

Cette crise monétaire se traduit aujourd'hui par une profonde récession causée surtout par la baisse de la consommation due à l'envolée des prix.

Aidée par une certaine stabilisation sur les marchés des changes, l'institution a en début d'année progressivement ramené son taux, et la pression reste forte de la part des entreprises pour poursuivre sur cette voie.

Le taux actuel, loin de celui d'avant la crise ukrainienne (5,5%), étouffe en effet l'activité du crédit. Le gouvernement, qui espère un début de reprise au troisième trimestre après une aggravation au deuxième trimestre, n'avait pas caché espérer une nouvelle baisse de taux.

L'inflation a cependant "temporairement accéléré en juillet" à 15,8% en taux annuel, reconnaît la banque centrale, et l'accentuation de l'affaiblissement du rouble ces derniers jours, suivant les cours du pétrole, fait craindre une nouvelle perte de contrôle de la monnaie et des prix.

Mais selon elle, "la hausse des prix à la consommation va continuer à ralentir en raison de la faible demande sur le marché intérieur".

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