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31/07/2015 06:06 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Migrants: fin des admissions au centre de premier accueil autrichien de Traiskirchen

Le principal centre de premier accueil pour demandeurs d'asile en Autriche, situé à Traiskirchen près de Vienne, est totalement saturé et ne peut plus accepter de nouveaux migrants en raison de risques sanitaires, ont annoncé les autorités locales vendredi.

Le gouvernement fédéral a parallèlement annoncé vouloir modifier la Constitution pour pouvoir imposer des quotas d'accueil de demandeurs d'asile aux Länder (Etats fédérés), pour certains très réticents à recevoir des migrants, ce qui conduit à l'engorgement du centre de Traiskirchen.

"La situation en matière d'hygiène est dramatique en raison d'une surpopulation manifeste", a indiqué vendredi Erwin Pröll, le gouverneur de la province de Basse-Autriche, où est situé le centre, soulignant dans un communiqué avoir décrété une "fin des admissions".

Une commission médicale, qui s'est rendue ces derniers jours dans le centre, a en effet estimé que "la situation médicale et hygiénique imposent" une telle mesure, a précisé M. Pröll dans un communiqué.

Initialement prévu pour recevoir 1.800 personnes, le centre de Traiskirchen, situé à 30 km au sud de Vienne, accueille plus de 4.500 migrants, dont 2.300 sont privés de lits et doivent pour certains dormir en plein air.

Lors d'une récente visite sur place, le représentant du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Christoph Pinter, a évoqué une situation "inadmissible, dangereuse et inhumaine". Amnesty international a également demandé à avoir accès au centre.

L'Autriche, un pays de 8,5 millions d'habitants, reçoit chaque jour plusieurs de centaines de migrants ayant en majorité transité par la Serbie et la Hongrie. Le pays table sur l'arrivée de plus de 70.000 nouveaux migrants cette année, après 28.000 l'an passé.

Le gouvernement s'est engagé dans un bras-de-fer avec les collectivités locales pour qu'elles acceptent d'héberger des demandeurs d'asile, le centre de Traiskirchen n'étant un principe prévu que pour un premier accueil transitoire.

Mais les collectivités traînent des pieds alors que plusieurs milliers de places sont immédiatement nécessaires, selon le ministère de l'Intérieur.

Vendredi, le chancelier social-démocrate Werner Faymann et le vice-chancelier Reinhold Mitterlehner ont annoncé une réforme de la Constitution pour donner à l'Etat fédéral le pouvoir de trancher en dernier ressort. Le gouvernement souhaite imposer aux collectivités un quota d'accueil compris entre 1 à 2% de leur population.

Afin de soulager le centre de Traiskirchen, l'Autriche a créé plusieurs camps de tentes provisoires, accueillant plus de 1.000 réfugiés au total.

Vienne a par ailleurs conclu il y a dix jours un accord avec la Slovaquie pour confier à ce pays le soin de loger 500 migrants ayant formulé une demande d'asile en Autriche.

Selon le ministère de l'Intérieur, l'Autriche instruit "dix fois plus" de demandes d'asile que l'Italie et la Grèce confondues, rapporté à la taille de sa population.

Des ONG s'indignent cependant que ce pays riche, aux importantes capacités hôtelières, ne parvienne pas à offrir des conditions d'hébergement décentes à tous les demandeurs d'asile sur son sol.

La majorité de ces migrants viennent de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan et parviennent en Autriche par voie terrestre via la Turquie.

phs/ros