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31/07/2015 05:48 EDT | Actualisé 31/07/2016 01:12 EDT

Le Sud défavorisé de l'Italie accuse un grave retard de croissance (étude)

Le Sud défavorisé de l'Italie, le Mezzogiorno, accuse un grave retard de croissance par rapport au reste du pays, déjà à la traîne face à ses partenaires de la zone euro, selon un rapport de l'institut Svimez.

"L'Italie ne va pas bien, mais le sud du pays est dans une situation encore pire", a résumé vendredi le quotidien de gauche la Repubblica.

Svimez, spécialisé dans les études économiques sur le sud de l'Italie, souligne qu'entre 2000 et 2013, le PIB italien a progressé de 20,6%, tandis que celui du seul Mezzogiorno a augmenté de seulement 13%.

Pendant la même période, l'économie grecque a connu un croissance de 24%, les régions les moins favorisées de la zone euro une moyenne de 38,1%.

Pour le Mezzogiorno italien, Svimez énumère une série de chiffres alarmants dans tous les domaines économiques et sociaux.

Ainsi, si le taux de chômage pour l'Italie dans son ensemble a été de 12,7% en 2014, il était à 9,5% dans les régions du centre-nord du pays mais à 20,5% dans le Sud.

Citant des données de 2013, Svimez assure aussi que la pauvreté menace un Italien sur dix dans le centre-nord du pays, mais un sur trois dans le Mezzogiorno.

Cette crise économique pèse également sur la démographie et, en excluant les étrangers, le Sud a perdu 196.000 habitants, tandis que l'autre moitié du pays en a gagné 315.000 depuis 2001.

Pour arrêter cette lente érosion, le Svimez préconise "une politique industrielle nationale (...) tenant compte des déficits structurels spécifiques du Mezzogiorno".

Une telle politique devrait, entre autres, "soutenir le processus d'agrégation des entreprises, renforcer la recherche, l'innovation et le transfert de technologies" ou "améliorer les conditions d'accès au crédit et aux marchés de capitaux".

Le Svimez cite concrètement la création de zones économiques spéciales (ZES), avec une fiscalité réduite permettant d'attirer les investisseurs nationaux et étrangers, comme il en existe déjà en Pologne, en Lettonie et en Lituanie.

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