NOUVELLES
31/07/2015 11:10 EDT | Actualisé 31/07/2015 11:13 EDT

JO2022 à Pékin: une joie très orchestrée dans les rues (VIDÉO/PHOTOS)

L'attribution vendredi des jeux Olympiques d'hiver 2022 à Pékin a été accueillie dans la capitale chinoise par des démonstrations de joie localisées et très orchestrées, mais peu d'enthousiasme spontané dans les rues.

Diffusée en direct par les médias officiels, l'annonce de la victoire chinoise depuis Kuala Lumpur a immédiatement été suivie par des images de liesse populaire, tournées devant le Nid d'oiseau, le stade olympique emblématique des JO d'été de 2008.

Les reportages des différentes chaînes de télévision montraient des Chinois en costume, souvent en rangs d'oignon, agitant frénétiquement des drapeaux ou effectuant des danses du dragon devant les écrans géants.

Galerie photo Pékin obtient les JO 2022: les célébrations Voyez les images

Mobilisés pour l'occasion, ils s'étaient vu remettre des drapeaux rouges à cinq étoiles, des tambours, des cymbales ou des éventails, recevant pour consigne d'applaudir et de célébrer en chœur, a constaté l'AFP.

"Je suis tellement excitée. La Chine peut être fière!", s'est exclamée sur l'antenne de CCTV la patineuse de vitesse Zhang Hong, championne olympique sur 1.000 mètres en 2014 à Sotchi.

"Cela va bouleverser la vie de tellement de gens", lui a fait écho une présentatrice de la télévision d'Etat.

Contrairement à ce qui s'était passé il y a quatorze ans, lorsque l'attribution des jeux de 2008 avait été dévoilée, aucun concert de klaxons n'a éclaté dans les rues pékinoises, où l'on ne voyait pas de rassemblements de passants euphoriques.

La campagne de candidature pour les JO d'hiver 2022 n'a jamais atteint dans le pays l'intensité de celle menée en 2001 pour décrocher ses premiers jeux Olympiques.

Les télévisions d'Etat ont également montré des danseurs en costume traditionnel et des jeunes volontaires célébrant la nouvelle à Zhangjiakou, ville-préfecture à 200 km de là, qui organisera une bonne partie des épreuves en tandem avec Pékin.

Malgré un enneigement très limité dans la région, la Chine a promis des "jeux fantastiques", mis en avant son expérience de 2008 et vanté un projet au budget modeste (3,06 milliards $US).

Si la capitale chinoise peut recycler une partie des sites des JO d'été, elle ne possède en revanche pas d'installations de haut niveau pour les compétitions à l'air libre mais a assuré vouloir en profiter pour promouvoir le secteur encore balbutiant des sports de neige dans le pays.

"Je suis extrêmement heureux, nous allons réaliser des JO couronnés de succès", a affirmé le maire de Pékin Wang Anshun, en exprimant "ses respects pour Almaty", l'ancienne capitale du Kazakhstan et rivale malheureuse du projet chinois.

Le choix de Pékin a en revanche plongé dans la consternation les organisations de défense des droits de l'homme.

"En désignant Pékin pour l'organisation des jeux Olympiques 2022, le Comité international olympique s'impose d'énormes défis pour remplir ses propres engagements en matière de droits de l'homme", a réagi Human Rights Watch (HRW).

"La devise de l'olympisme +Plus haut, plus vite, plus fort+ décrit parfaitement l'action du gouvernement chinois contre la société civile: davantage de militants pacifistes détenus, sur des périodes plus longues, et soumis à des traitements plus éprouvants", a ajouté Sophie Richardson, directrice pour la Chine de cette ONG.

Selon l'organisation de défense des Tibétains Free Tibet, le CIO "a envoyé un mauvais signal" en choisissant la capitale chinoise, avec le "message entendu haut et fort à Pékin que les droits de l'homme et le Tibet comptent pour du beurre".

"Honorer la Chine de jeux Olympiques une deuxième fois est un cadeau de propagande qui lui est offert, alors qu'elle mérite une bonne gifle", a ajouté Free Tibet.