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30/07/2015 10:17 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Turquie : les raids contre l'EI sont de "l'esbroufe" (leader prokurde à l'AFP)

Le leader du parti prokurde de Turquie, Selahattin Demirtas, a assuré jeudi à l'AFP que les raids aériens turcs menés contre le groupe Etat islamique (EI) n'étaient que de "l'esbroufe" pour servir les ambitions personnelles du président Recep Tayyip Erdogan.

"Quelques raids aériens ont été lancés par la Turquie contre des cibles de l'EI seulement pour l'esbroufe, et maintenant c'est terminé", a déclaré M. Demirtas dans les locaux à Ankara de sa formation, le Parti démocratique du peuple (HDP).

"De prétendus suspects de l'EI ont été arrêtés pour la galerie, mais la plupart ont été relâchés", a-t-il ajouté.

Le jeune leader prokurde est devenu une cible privilégiée de M. Erdogan depuis le succès du HDP aux législatives du 7 juin, qui a en partie empêché le parti islamo-conservateur au pouvoir de conserver la majorité absolue au Parlement.

M. Demirtas a aussi accusé le président turc de se servir de la mort de jeunes militants kurdes dans l'attentat du 20 juillet à Suruç (sud) pour améliorer son image à l'étranger en décrétant une "guerre contre le terrorisme".

Selon lui, M. Erdogan "s'est lancé, sur le cercueil de jeunes, dans une opération destinée à renouveler son image".

L'attentat de Suruç a été attribué à l'EI, et l'armée turque a lancé en représailles ses premiers raids en Syrie contre le groupe. Ce virage a été salué notamment par les Américains, qui mènent la coalition internationale antijihadiste.

La Turquie a lancé simultanément de nombreux raids contre les positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a lui-même mené des attaques meurtrières contre les forces de l'ordre en leur reprochant de ne pas avoir protégé la population kurde. "Cette guerre n'est pas destinée à protéger notre pays mais à protéger le palais", a dit M. Demirtas.

L'opposition soupçonne le pouvoir de chercher à déstabiliser le pays afin de créer un réflexe légitimiste en cas d'éventuelles élections anticipées.

M. Demirtas a en outre insisté sur le fait que "le HDP n'est pas la branche politique du PKK", comme l'en accuse le pouvoir.

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