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30/07/2015 11:10 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Plainte de paysans cambodgiens contre Bolloré: "allégations injustifiées" selon la holding

Le groupe Socfin, holding du groupe Bolloré qui gère des plantations d'hévéas au Cambodge, et qui fait l'objet d'une plainte de paysans cambodgiens s'estimant lésés sur leurs terres, dénonce jeudi des "allégations injustifiées".

"Le projet Socfin KCD s'inscrit dans le cadre d'un programme de développement de la province de Mondolkiri (dans l'est) au Cambodge. (Il) est défini, orienté et conduit sous l'impulsion, l'autorité et le contrôle des pouvoirs publics du Cambodge" indique la société dans un communiqué.

Elle précise qu'elle n'est pas propriétaire, "ni le groupe Bolloré", des terres en question qui appartiennent à l'Etat cambodgien.

Aussi, poursuit l'entreprise, "l'accusation +d'expropriations+ est par définition inepte, puisque seul l'Etat cambodgien pourrait très éventuellement y procéder ou les avoir effectuées par application du droit national".

Socfin précise encore avoir reçu "846 demandes de compensations en provenance de 492 familles" dont "819 ont été acceptées pour un total de 1.348 ha compensés".

"Dans certains cas, lorsque les populations ont considéré que le projet ne correspondait pas à leurs attentes, les familles concernées ont conservé leurs parcelles", ajoute la holding.

Selon elle, 70% des terres concédées sont dévolues aux plantations d'hévéa, "les 30% restants comprennent une zone écologique, des forêts sacrées et les terres de populations qui ont choisi de ne pas prendre part au projet".

La société, dont le groupe français Bolloré détient 39% du capital, se défend "absolument" d'avoir détruit ou d'occuper des sites sacrés, a également assuré un porte-parole à l'AFP.

Pour la première fois, les paysans cambodgiens se sont tournés vers la justice du pays d'origine du groupe concerné (la France, pour Bolloré) afin de faire valoir des droits qu'ils estiment bafoués.

De très nombreux conflits sur l'occupation et l'exploitation des terres agricoles ou ressources naturelles naissent du fait que les investisseurs étrangers traitent avec les autorités centrales et non avec les communautés locales concernées. Et que l'Etat ne reconnaît pas toujours le droit coutumier alors que manquent, comme en Afrique notamment, registres fonciers et titres de propriété en bonne et due forme.

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