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30/07/2015 03:29 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Paris doute d'une évolution rapide de l'Iran sur la scène internationale, mais croit à son soutien "objectif" dans la lutte contre l'EI

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a émis jeudi des doutes sur une évolution rapide de la politique internationale de l'Iran, tout en estimant que Téhéran pouvait "objectivement" s'avérer un soutien important dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

"Certains disent +ça (ndlr, l'accord sur le nucléaire iranien) va amener les Iraniens à modifier toute leur politique régionale. Je suis plus prudent (...) Dans l'immédiat, je ne suis pas sûr qu'il y ait un changement", a-t-il déclaré sur la radio France Info.

"A terme, avec le redressement économique, ça peut les amener à évoluer mais les déclarations officielles pour le moment ne montrent pas d'évolution internationale", a-t-il souligné, à son retour de la première visite d'un chef de la diplomatie française en Iran depuis 17 ans.

Il a émis l'espoir "que l'attitude de l'Iran va aller vers une stabilisation et vers la recherche de la paix". "Nous souhaitons bien sûr qu'ils travaillent pour la paix et la stabilité", a-t-il insisté.

"Pour le moment ce n'est pas évident (...) Nous allons continuer à discuter", a-t-il ajouté, précisant que les deux pays avaient convenu mercredi d'instaurer désormais un dialogue régulier "au moins chaque année" au niveau des ministres des Affaires étrangères.

Interrogé sur la lutte contre les jihadistes de l'EI en Irak et en Syrie, Laurent Fabius a estimé que les Iraniens pouvaient "objectivement" constituer un soutien "utile", sans pour autant rallier la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

"Quand je dis +objectivement oui+, ça ne veut pas dire qu'il y ait une coalition, parce qu'ils ne font pas partie de la coalition", a-t-il souligné.

"Ils veulent, ils disent, et je crois que c'est vrai, qu'ils veulent lutter contre le terrorisme de Daech (ndlr, acronyme arabe de l'EI) et évidemment, ce genre d'appui peut être utile mais une coordination des forces, une organisation en commun, non", a ajouté le ministre français.

bpi/ia