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30/07/2015 11:21 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Le seul condamné à mort pour les attentats de Mumbai a été exécuté

NEW DELHI — Le seul condamné à mort pour les attentats de Mumbai, qui ont fait 257 morts en 1993, a été pendu jeudi, le jour de son anniversaire, après refus du président de lui accorder la clémence à la toute dernière minute.

Yakub Abdul Razak Memon, 53 ans, a été exécuté dans une prison de l'ouest de l'Inde, où il était incarcéré depuis 1994.

Ses avocats ont tenté de le sauver jusqu'à la dernière minute. Deux heures avant l'exécution, ils plaidaient encore devant la Cour suprême.

D'éminents citoyens, dont des juges de la Cour suprême à la retraite, avaient exhorté le président Pranab Mukerjee à changer la peine de mort de M. Memon pour la prison à vie. Cela reflétait non seulement les oppositions à la peine de mort, mais également les arguments de ses avocats, qui ont fait valoir que leur client s'était rendu de lui-même aux autorités à Katmandou, au Népal, et que les preuves établissant clairement sa participation aux attentats étaient insuffisantes.

Les enquêteurs indiens et le procureur public principal sur ce dossier, Ujjwal Nikam, soutiennent qu'il a plutôt été arrêté à New Delhi.

M. Memon a été condamné en 2007 pour avoir aidé à amasser des fonds pour les attentats à la bombe qui ont frappé la bourse de Bombay, les bureaux d'Air India, un bureau de transport d'État, trois hôtels, une station d'essence et un cinéma, le 12 mars 1993.

Les actes ont été interprétés comme une vengeance pour la démolition d'une mosquée médiévale du nord de l'Inde par des nationalistes hindous. La destruction du lieu de culte a déclenché des émeutes qui ont fait plus de 800 morts, surtout musulmans.

Les principaux suspects des attentats, le grand frère de Yakub, Ibrahim "Tiger" Memon, et Dawood Ibrahim, ont fui le pays. Cent personnes ont été condamnées. Dix d'entre eux ont reçu une peine capitale, qui a été changée en prison à vie.

De nombreux policiers ont été déployés pour protéger la maison de la famille Memon et les divers endroits qui avaient été visés par les attentats. Des centaines de policiers et de soldats paramilitaires étaient également positionnés près du cimetière musulman de Mumbai où Yakub Memon devait être enterré, plus tard jeudi.

Amnistie internationale fait partie des groupes à dénoncer la pendaison.

Muneeza Naqvi, The Associated Press