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30/07/2015 06:02 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

La Réunion: "un truc bizarre sur la rive" relance les spéculations sur le vol MH370

"Je ne savais pas qu'en allant chercher un pilon pour piler mon piment, j'allais devenir célèbre", plaisante Johnny Bègue. C'est lui qui le premier a repéré le morceau d'aile d'avion échoué à La Réunion, qui a relancé l'enquête sur le mystère du vol MH370 de Malaysia Airlines.

A la tête d'une équipe de sept hommes et une femme, Johnny assurait le nettoyage du littoral de Saint-André, sur la côte est de l'île française située dans l'Océan indien, lorsqu'il a fait la découverte.

"Nous avons commencé à travailler à 7 heures. Vers 9 heures, nous avons pris une pause. J'en ai profité pour aller chercher un galet rond en bord de mer pour en faire un pilon. C'est à ce moment que j'ai vu un truc bizarre sur la rive", raconte-t-il.

Il appelle alors ses collègues. "J'ai vu tout de suite que c'était un morceau d'avion", affirme l'un d'eux, Cédric Gobalsoumy. Le débris, en partie recouvert de sable, est hissé plus en avant sur la terre ferme "pour éviter que la mer ne reparte avec lui", explique Cédric.

De prime abord, l'équipe songe tout simplement laisser le débris pour que "les gens qui viennent marcher sur le parcours santé et les touristes puissent le voir".

Mais très vite, poursuit Cédric Gobalsoumu, "j'ai pensé qu'on ne pouvait pas faire ça. Un morceau d'avion dans la mer ce n'est pas normal. On s'est dit que des gens étaient peut-être morts dans cet appareil et que leur familles voudraient savoir". Il prévient alors les forces de l'ordre.

- "Même CNN parle de nous" -

"Et puis un collègue s'est connecté sur internet avec son téléphone portable. Il a cherché des informations sur les accidents d'avions et il a trouvé l'affaire de l'avion de la Malaisie", explique Johnny Bègue.

"En fin de compte, moin la fait un bonne pêche" ("finalement j'ai fait une bonne pêche"), commente-t-il en créole réunionnais.

Très vite, l'hypothèse que ce morceau d'aile retrouvé dans le petit département français situé au sud-est de Madagascar puisse être lié au Boeing 777 du vol MH370 de la Malaysia Airlines, dont la disparition reste l'un des plus grands mystères de l'histoire de l'aviation civile, a suscité l'intérêt des médias du monde entier.

Ce qui amuse beaucoup de Réunionnais. "Pour une fois qu'on ne parle pas de nous à cause des attaques de requins, c'est bien", sourit Anna Grondin, une étudiante de 23 ans, en faisant allusion aux 18 attaques de squales, dont 7 mortelles, qui ont frappé La Réunion depuis 2011.

"C'est fou ça, même CNN en Amérique parle de nous en situant l'île sur une carte. Ça évitera aux Métropolitains de situer La Réunion aux Antilles", ironise Jean-Marc Alagama, un père de famille de 43 ans.

Les autorités françaises n'ont pas exclu jeudi que le débris retrouvé par Johnny soit un fragment du vol MH370. "Aucune hypothèse n'est exclue, y compris la provenance d'un Boeing 777", a déclaré la préfecture de La Réunion.

L'Australie, qui coordonne les recherches internationales dans l'océan Indien pour retrouver des traces du MH370 et s'est greffée à l'enquête française, a évoqué "un développement très important".

"La Réunion est très loin de la région où se sont déroulées les recherches (au large de l'Australie, NDLR) mais est cohérente avec ce que nous savons sur les courants et les informations données par les satellites", a relevé le ministre australien des Transports, Warren Truss.

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