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30/07/2015 04:38 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

JO 2022 : Le CIO à l'heure des choix

Beaucoup d'éléments distinguent les candidatures de Pékin et d'Almaty, les deux villes candidates à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver 2022, mais au moins un les rassemble.

La Chine et le Kazakhstan sont tous les deux dénoncés par plusieurs ONG pour leur piètre bilan en matière de droits de l'homme.

En laissant de côté des considérations logistiques, sportives et nécessaires à la tenue de Jeux d'hiver comme la présence de neige, de montagnes et la qualité des infrastructures, le Comité international olympique choisira forcément vendredi, à Kuala Lumpur, un pays qui affiche un mauvais bilan à ce chapitre.

« Quelle que soit l'issue du processus de sélection, un pays connu pour violer les droits de l'homme sera l'hôte de ces Jeux », s'est désolée Minky Worden, directrice des initiatives mondiales à Human Rights Watch (HRW) avant l'élection.

Selon HRW, basée à New York, les autorités chinoises et kazakhes sont « ouvertement hostiles aux médias et aux militants qui critiquent le gouvernement et s'abstiennent de protéger les libertés d'expression, de réunion et d'association, ainsi que d'autres droits de la personne fondamentaux ».

En Chine, plus de 130 avocats ont été arrêtés ou interrogés récemment, selon des groupes chinois de défense des droits de l'homme.

Au Kazakhstan, « en 2013 et 2014, entre 350 et 400 plaintes ont été déposées pour dénoncer des cas de tortures et autres mauvais traitements », selon Amnistie internationale.

Les deux pays assurent avoir fourni des garanties au CIO, qui a renforcé ses exigences dans ce domaine. Et les rapports de la commission d'évaluation du CIO, qui s'est déplacée à la fois à Pékin et à Almaty, se veulent rassurants.

« La commission est convaincue que le gouvernement du Kazakhstan prendra toutes les mesures nécessaires pour garantir le respect de la Charte olympique et du contrat ville hôte », écrit ainsi la commission.

Du côté de Pékin, elle indique que « des garanties écrites ont été fournies sur les sujets suivants : droits de l'homme, droit à manifester, liberté des médias à couvrir le déroulement des Jeux sans restrictions sur Internet, droits du travail, déplacement de personnes et protection de l'environnement ».

Pour autant, souligne encore HRW, le CIO « ne dispose pas de mécanismes de supervision des droits de la personne destinés à évaluer dans quelle mesure un pays hôte respecte ces règles ».

Un scandale avait éclaté peu avant les JO de Sotchi avec la promulgation par Moscou d'une loi contre les gais, certains athlètes étrangers appelant même à un boycottage.

En réaction, fin 2014, le CIO a adopté une série de réformes contenues dans l'Agenda 2020, qui incluent l'exigence pour les villes organisatrices d'interdire notamment toute discrimination basée sur l'orientation sexuelle.

À quelques heures du choix

Pékin semble avoir une longueur d'avance. Elle deviendrait ainsi la première ville de l'histoire à accueillir les Jeux olympiques d'hiver et d'été (2008).

Mais Almaty n'a pas dit son dernier mot. Il reste la journée de présentation finale de candidature. Exactement là, où, en 2005 s'est dénouée l'impasse pour l'organisation des Jeux de 2012, finalement accordés à Londres, souffle-t-on à Kuala Lumpur.

La ville kazakhe plaide la quantité de neige dans ses montagnes environnantes. Elle fait aussi valoir qu'elle serait la première, en près de 30 ans, à tenir des Jeux olympiques dans un si petit périmètre, des Jeux compacts. L'option serait aussi moins dispendieuse que Pékin.

Cet argument pourrait avoir du poids. Le faste des Jeux de Sotchi, plus de 50 milliards de dépenses, en a rebuté plus d'un.

À commencer par d'anciens prétendants aux JO 2022, tels que Munich, Cracovie, Oslo et Stockholm, entre autres. Que ce soit par référendum populaire ou simple décision des autorités, toutes ses villes se sont retirées du processus.

Et même si l'on se bouscule au portillon pour tenir les Jeux d'été en 2024, Boston a annoncé en début de semaine qu'elle ne se portait plus volontaire pour l'aventure.

Une simple rebuffade qui vient pourtant tacher les draps blancs dans lesquels le CIO tente de se draper.