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30/07/2015 10:07 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

France/nucléaire: la branche réacteurs d'Areva passe sous le contrôle d'Electricité de France

L'ancien fleuron français du nucléaire Areva et le groupe public d'électricité EDF ont officialisé jeudi leur accord conclu sous l'égide de l'Etat, qui fait passer la branche réacteurs d'Areva sous le contrôle d'EDF, déjà gestionnaire des centrales.

Cet accord prévoit qu'EDF prenne "un contrôle majoritaire" d'Areva NP, qui regroupe les activités de construction et de services aux réacteurs, a expliqué EDF. Areva conservera au maximum 25% de la filiale, tandis qu'EDF envisage de détenir in fine une part "de 51% à 75%", avec "potentiellement la participation d'autres partenaires minoritaires".

Areva aura malgré tout besoin d'une augmentation de capital "significative" pour combler ses besoins de financement.

La décision du démantèlement du fleuron français du nucléaire avait été officialisée le 3 juin après une réunion entre le président socialiste François Hollande, son Premier ministre Manuel Valls et les membres du gouvernement concernés par ce dossier.

L'accord valorise Areva NP à 2,7 milliards d'euros mais ce prix pourra encore "faire l'objet d'un ajustement", précise EDF. Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a évoqué des "contacts très préliminaires" avec des partenaires potentiels.

L'ancien dirigeant du cimentier suisse Holcim, Bernard Fontana, prendra la tête d'Areva NP, a annoncé par ailleurs Areva.

Areva, qui chiffre ses besoins de financement d'ici à 2017 à "environ 7 milliards d'euros", prévoit d'obtenir par ailleurs 1,6 milliard via des "financements propres" et cessions d'actifs. Il a aussi confirmé avoir besoin d'une "augmentation de capital significative".

Le gouvernement français "prendra ses responsabilités en participant à la future recapitalisation d'Areva", a déclaré jeudi le ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a dit cependant attendre des "plans industriels et financiers précis", dans un entretien au Monde.

M. Macron a réaffirmé l'importance que l'Etat, actionnaire à 87% d'Areva et à 84,5% d'EDF, continue à attacher à la filière nucléaire, grâce à laquelle "la France est un des pays les plus décarbonés au monde". "Le nucléaire a un avenir, même si nous devons y réduire notre dépendance", a-t-il souligné.

Si elle vise à contribuer à renflouer Areva et à éviter un naufrage de la filière nucléaire française, l'opération avec EDF signe la fin du modèle intégré d'Areva (du minerai d'uranium aux réacteurs) porté par son ancienne dirigeante, Anne Lauvergeon.

En parallèle, Areva poursuivra la mise en oeuvre de son plan de restructuration, qui vise à réaliser un milliard d'euros d'économies d'ici à 2017 et pourrait se traduire par la suppression de 6.000 emplois sur les 44.000 que compte le groupe.

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