NOUVELLES
30/07/2015 11:17 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Botswana: mesures d'urgence pour répondre à une sécheresse record en près de 30 ans

Le Botswana a débloqué des fonds d'urgence pour répondre à une situation de sécheresse généralisée inégalée depuis près de 30 ans et qui a entraîné une chute spectaculaire des surfaces agricoles mises en culture, a indiqué jeudi le ministère de l'Agriculture.

Une ligne budgétaire extraordinaire de 445 millions de pulas (environ 40 millions d'euros), soit près d'1% du budget national, a été votée au Parlement, quelques semaines après que le président Ian Khama a déclaré l'état de sécheresse générale, ce qui n'était plus arrivé depuis 1984.

"C'est une mauvaise année partout. Nous ne faisons même pas de distinctions par villages ou localités, contrairement au passé", a souligné le ministre adjoint de l'Agriculture Fidelis Molao à l'AFP.

Les fonds doivent financer des subventions aux éleveurs de bétail, que les autorités ont encouragé à vendre une partie de leur cheptel (pour les boucheries), faute d'herbe pour faire pâturer leurs animaux.

L'argent doit également permettre au ministère du Tourisme de se doter de plus de véhicules de lutte contre les incendies de brousse, mais aussi de financer des projets d'irrigation de secours, de servir un deuxième repas par jour dans certaines écoles primaires, dans certains foyers de travailleurs et de distribuer des vivres à certains enfants de moins de 5 ans en état de malnutrition modéré.

Une baisse significative de la pluviométrie conjuguée à une canicule ont provoqué l'effondrement des surfaces mises en culture (-70% en mars sur un an). Le sorgho est l'une des denrées alimentaires locales de base.

Dans certains champs au sud, même lorsque la terre n'est pas complètement asséchée, les cultures ne parviennent pas à absorber le peu d'eau disponible en raison de la chaleur extrême, et partout, le spectacle qui s'offre à la vue est celui de pousses chétives ou irrémédiablement flétries.

Le pays devrait être en mesure de faire face tout seul à cette situation contrairement à 1984, quand le Botswana avait demandé l'assistance des Nations unies, a précisé M. Molao. En 2013, le Botswana (2 millions d'habitants) avaient déjà connu une sécheresse, mais pas généralisée.

Dépendant du diamant, le pays vit aussi du tourisme grâce à ses étendues sauvages et parcs naturels qui abritent une faune abondante et variée.

Toute l'Afrique australe est affectée cette année par les caprices de la météo - pluies tardives, inondations, sécheresse - notamment le Malawi et le Zimbabwe, mais aussi en Afrique du Sud qui sera obligée d'augmenter ses importations de maïs.

La récolte de maïs en Afrique australe, aliment de base dans toute la région, devrait reculer cette année d'environ 26% par rapport au résultat exceptionnel de 2014, situation susceptible de déclencher des hausses de prix et de compromettre les acquis récents en matière de sécurité alimentaire, a averti en avril l'agence des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO).

om-clr/fal