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30/07/2015 10:59 EDT | Actualisé 30/07/2016 01:12 EDT

Afghanistan : les talibans confirment la mort du mollah Omar

Les rebelles talibans afghans ont confirmé jeudi la mort "de maladie" de leur chef le mollah Omar, annoncée la veille par le gouvernement afghan, sans toutefois préciser quand son décès est intervenu, ni le nom de son successeur.

"La direction de l'émirat islamique (nom que se donnent les talibans, ndlr) et la famille du mollah Omar annoncent le décès de maladie du fondateur et chef (des talibans)", ont précisé les insurgés islamistes dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le texte ne dit pas quand le mollah Omar s'est éteint, mais que "sa santé s'est détériorée ces deux dernières semaines", suggérant que son décès est bien plus récent qu'avril 2013, date avancée par les autorités afghanes, selon lesquelles le dirigeant taliban est mort dans un hôpital de Karachi, au Pakistan.

En outre, le mollah Omar, qui n'a plus été vu en public depuis 2001 et la chute du régime des talibans, "est resté dans le pays (l'Afghanistan) ces 14 dernières années". "Il n'a pas passé une seule journée au Pakistan ou dans un quelconque autre pays", selon ce texte, à rebours de certaines sources qui assuraient qu'il avait trouvé refuge au Pakistan.

"Il menait les affaires de l'émirat islamique depuis son quartier général", souligne le texte, qui, là non plus, ne précise pas où ce QG se trouvait.

Et les insurgés de décréter trois jours de cérémonies religieuses "pour prier pour l'âme du mollah Omar".

Avec l'officialisation de sa disparition se pose la question de la succession de celui qui portait le titre d'"émir des croyants" et a été la tête des talibans à l'époque où ils contrôlaient l'Afghanistan (1996-2001).

Mais le texte, écrit en pachtoune, la langue parlée dans le sud et l'est de l'Afghanistan et dans le nord-ouest pakistanais, ne précise pas qui a été désigné pour lui succéder.

"Le mollah Abdul Manan Akhund, frère du mollah Omar, et Mohammad Yaqoub, son fils, prient tous les musulmans de le pardonner si les droits de quiconque ont été violés durant l'époque où il a gouverné", indique le texte, sans expliciter de quels droits il s'agit.

Le régime des talibans a été montré du doigt par la communauté internationale pour ses nombreuses violations des droits de l'homme et le sort réservé aux femmes.

La mort du mollah Omar est un coup dur pour le mouvement taliban, traversé par différents courants et menacé par la progression du groupe Etat Islamique (EI) en Afghanistan.

En outre, son successeur aura la lourde tâche de conduire les pourparlers de paix entamés début juillet à Murree, au Pakistan, pays accusé par certains responsables afghans d'avoir créé la rébellion talibane de toutes pièces, puis de l'avoir entretenue.

Mais le Pakistan joue la carte de l'apaisement en accueillant ces négociations indirectes.

Un deuxième round devait avoir lieu vendredi, mais Islamabad a annoncé son report sine die en raison de "l'incertitude" causée par la mort du mollah Omar et "à la demande de la direction des talibans afghans".

bur-gde/mct