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Obama est critiqué par des militants pour son appui au gouvernement en Éthiopie

NAIROBI, Kenya — Certains militants africains ont accueilli les propos du président américain Barack Obama à l'effet que l'Éthiopie compte un gouvernement élu démocratiquement avec dérision et inquiétude.

M. Obama a fait ce commentaire, lundi, lors d'une conférence de presse avec le premier ministre de l'Éthiopie Hailemariam Desalegn, dont le parti au pouvoir a remporté tous les sièges au Parlement lors des élections en mai.

Mardi, le président américain a exhorté les dirigeants africains à renforcer les droits démocratiques dans un discours livré depuis les bureaux principaux de l'Union africaine, avant de quitter l'Éthiopie à la conclusion d'un voyage ayant aussi comporté un arrêt au Kenya.

Yonathan Tesfaye, porte-parole du parti d'opposition Bleu ou Semayawi en amharique — la langue officielle éthiopienne —, a déploré que M. Obama ait été un jour un politicien «malicieux» en disant que le gouvernement éthiopien était démocratiquement élu, pour ensuite le lendemain se faire un «militant passionné des droits humains». Il s'est interrogé à savoir lequel «des deux il fallait croire».

Merara Gudina, figure de l'opposition de premier plan en Éthiopie, a dit douter que les États-Unis fassent un suivi important pour des changements démocratiques dans ce pays et s'est inquiété que la visite de M. Obama s'avère un «autre exercice de relations publiques».

Des groupes de défense des droits de la personne ont critiqué M. Obama pour s'être rendu en Éthiopie, soutenant que sa visite accordait de la légitimité à un gouvernement répressif. L'Éthiopie est le deuxième pays au monde pour l'emprisonnement de journalistes, après l'Érythrée, selon le Comité pour la protection des journalistes.

Le premier ministre Hailemariam Desalegn a défendu l'engagement de l'Éthiopie envers la démocratie, et a affirmé que le pays avait besoin d'un «journalisme éthique», et non de journalistes qui «franchissent la barrière» et travaillent avec des «groupes terroristes».

À la conférence de presse, lundi, M. Obama a dit que la politique de Washington était de «s'opposer au terrorisme partout où il prend forme». «Et nous sommes opposés à tout groupe qui promeut un renversement violent d'un gouvernement, incluant le gouvernement de l'Éthiopie, qui a été élu démocratiquement», a ajouté le président américain.

Christopher Torchia, The Associated Press

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