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L'OTAN exprime sa «grande solidarité» envers Turquie à une réunion d'urgence

BRUXELLES — L'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a exprimé sa «grande solidarité» envers la Turquie, mardi, alors que ses ambassadeurs étaient réunis d'urgence à Bruxelles en lien avec les menaces pesant contre l'un de ses membres.

La Turquie avait réclamé la tenue de la rencontre d'urgence pour discuter de ses inquiétudes sur le groupe armé État islamique et de l'intervention militaire privilégiée par les autorités turques pour répondre à cette menace — dont des attaques visant les rebelles kurdes.

Les ambassadeurs de l'OTAN ont indiqué dans un communiqué après la réunion qu'ils «condamnaient fortement» les attaques contre la Turquie, offrant leurs condoléances aux victimes des récents attentats.

Selon eux, le terrorisme constitue une menace directe sur les membres de l'OTAN et sur la stabilité internationale. Le danger n'a pas de frontière, ni de nationalité ou de religion, poursuivent-ils.

Le quatrième article du traité fondateur de l'OTAN permet aux États membres de demander la tenue de rencontres d'urgence s'ils considèrent que leur «intégrité territoriale, leur indépendance politique ou leur sécurité» est à risque. Il s'agit seulement de la cinquième réunion exceptionnelle dans l'histoire de l'OTAN, qui a été fondée en 1949.

À Ankara, mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué, tel qu'annoncé lundi, que le pays travaillait avec les États-Unis à la création d'une «zone sécuritaire» près de la frontière entre la Turquie et la Syrie. Les combattants du groupe armé État islamique seront chassés et la région permettra aux réfugiés syriens de retourner sur leur territoire.

En conférence de presse, M. Erdogan a aussi affirmé qu'il serait impossible d'entamer un processus de paix avec les Kurdes si les attaques en Turquie continuent.

Les djihadistes ont récemment perpétré un attentat sanglant dans la ville turque de Suruç, située à quelques kilomètres de la frontière avec la Syrie, qui a fait 32 morts. Quelques jours plus tard, un soldat turc est mort et un autre a été blessé dans deux attaques distinctes.

Après des mois de résistance, les avions chasseurs turcs ont finalement commencé à bombarder des cibles du groupe armé État islamique. La Turquie a également permis aux États-Unis d'utiliser ses bases militaires.

Or, la Turquie a aussi mené des tirs contre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) affiliés aux milices qui se battent contre le groupe armé ÉI en Syrie et en Irak.

Les Kurdes de la Syrie sont les soldats les plus qualifiés dans les combats au sol et ils sont appuyés par les frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par les États-Unis. La Turquie craint cependant une reprise de l'insurrection kurde pour revendiquer l'indépendance de leur État.

Le PKK tente d'obtenir depuis longtemps plus d'autonomie sur son territoire. Le conflit, actif depuis 1984, a fait des dizaines de milliers de morts.

Les Kurdes, un groupe ethnique doté de sa langue distincte, sont répandus sur plusieurs pays au Moyen-Orient et en Europe — la Turquie, l'Irak, la Syrie, l'Iran et l'Arménie.

John-Thor Dahlburg, The Associated Press

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