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Gore, l'élément manquant?

Les Colts d'Indianapolis sont réputés pour se fier uniquement à leur quart-arrière afin de connaître du succès. L'arrivée de Frank Gore pourrait cependant modifier la donne.

Un texte de Félix St-Aubin

Depuis que le demi étoile Edgerrin James a troqué le Midwest pour le désert de l'Arizona, le 23 mars 2006, l'attaque au sol des Colts a perdu ses repères.

Joseph Addai a certes démontré de belles habiletés au cours de ses deux premières années dans la Ligue nationale (NFL), où il avait respectivement amassé 1081 et 1072 verges en 2006 et 2007, mais ce sont là les seuls faits d'armes de sa carrière de six campagnes dans le circuit Goodell.

L'état-major des Colts espère de tout coeur que la venue de Gore dans l'entourage de l'équipe permettra de mettre un terme à une séquence peu envieuse de sept saisons sans voir l'un de ses porteurs de ballon atteindre le plateau symbolique des 1000 verges.

Gore tentera donc de réussir là où Addai, Dominic Rhodes, Donald Brown, Delone Carter, Vick Ballard et Trent Richardson, soit tous ceux qui ont réalisé un minimum de 100 courses au cours d'une même année depuis 2008, ont échoué.

L'ancien porte-couleurs des 49ers de San Francisco est l'incarnation même de la constance dans le champ arrière. Huit de ses 10 campagnes dans la NFL ont été bouclées avec un cumulatif de 1000 verges ou plus par la voie terrestre.

Un partage des portées en faveur de Kevan Barlow lors de sa saison recrue et une fracture à la hanche droite, qui lui a fait rater cinq rencontres, l'ont empêché de franchir le cap des 1000 verges en 2005 et 2010.

Dans la dernière décennie, Gore a parcouru 11 073 verges au sol. Sans surprise, il trône au sommet des joueurs à sa position au cours de cette période.

L'imposant demi de 1,75 m (5 pi 9 po) et 98 kg (217 lbs) est loin d'être incommodé, du point de vue de la vitesse et de l'accélération, par sa forte charpente. À ce niveau, il n'a d'ailleurs rien à envier à ses homologues aux quatre coins des États-Unis.

Le produit des Hurricanes de l'Université de Miami, dans la NCAA, a d'autres cordes à son arc : une ardeur dans son jeu qui le rend excessivement difficile à rabattre au sol et de l'expérience à revendre.

Gore a les outils pour poursuivre sa brillante carrière dans la NFL, mais une ombre se pointe au tableau. Il a soufflé ses 32 bougies d'anniversaire le 14 mai.

La trentaine, âge fatidique

Pour plusieurs personnes en général, atteindre la trentaine est difficile sur le plan mental. Pour les porteurs de ballon, c'est au niveau du physique que ça se corse. Les blessures sont de plus en plus récurrentes, les aptitudes qui leur ont permis de gravir les échelons disparaissent petit à petit, etc.

Gore n'a nullement faibli lors des deux dernières saisons. Ces statistiques le démontrent allègrement. Il a couru sur 2234 verges et réalisé 13 touchés au sol, en plus de capter 27 ballons, dont l'un d'entre eux pour un majeur, pour un total de 252 verges.

L'entraîneur Jim Harbaugh s'est tourné vers son vétéran lorsque son meneur à l'attaque Colin Kaepernick éprouvait des difficultés. Et Gore a répondu à l'appel.

Malgré le fait qu'il ait prouvé par le passé qu'il était en mesure de contourner la science, le nouveau venu dans l'État de l'Indiana verra assurément son étoile pâlir dans un avenir rapproché.

Il est possible que ce soit au cours des prochains mois, comme il se peut que ce soit l'an prochain. Les éléments sont toutefois en place pour que sa production soit décente jusqu'en 2016, à tout le moins.

Un mandat distinct

Celui qui se retrouve au 20e rang de l'histoire de la NFL pour les verges engrangées n'aura pas à porter l'unité offensive des Colts sur ses épaules. Andrew Luck s'occupe déjà de cette besogne.

Puisque les défenses rivales voudront minimiser l'influence du bras de Luck sur le pointage final, Gore bénéficiera fort probablement de plus d'espace sur le terrain pour faire l'étalage de son talent.

Les maraudeurs se positionneront dans les zones profondes pour tenter de freiner les élans de T.Y. Hilton et Andre Johnson. Qui plus est, Phillip Dorsett pourrait se greffer à la panoplie de cibles de choix dont dispose le numéro 12.

La première sélection des Colts au repêchage 2015 (29e échelon) est faite du même moule que Hilton, c'est-à-dire qu'il est un receveur de petite taille, capable de réaliser les longs jeux grâce à une rapidité bien au-dessus de la moyenne.

Les secondeurs, eux, se concentreront sur la paire d'ailiers rapprochés que forment Dwayne Allen et Coby Fleener. De quoi donner de sérieux maux de tête aux instructeurs adverses.

Le coordonnateur Pep Hamilton a sous la main une attaque à en faire saliver plus d'un. Une unité qui n'est pas sans rappeler le Greatest Show on Turf des Rams de St. Louis de 1999 à 2001.

Justement, ce même Hamilton avait établi un parallèle, au mois de mai, entre la formation offensive des Rams et la sienne. Il avait alors baptiser son attaque The Greatest 'Shoe on Earth'.

Les récentes mises sous contrat de Johnson et Gore sont évidemment liées de très près à toute cette effervescence autour de son bataillon.

Les Colts auraient grandement bénéficié, l'année dernière, d'un vétéran aguerri dans le champ arrière sur qui s'appuyer dans les moments cruciaux. L'édition 2015 n'aura décidément pas à négocier avec ce souci.

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