DIVERTISSEMENT
26/07/2015 04:42 EDT | Actualisé 26/07/2015 10:20 EDT

«Je t'aime» : mission accomplie pour Adib Alkhalidey

Benedicte Brocard

Avec les 35 000 billets écoulés de son premier one man show, Je t’aime, Adib Alkhalidey crie mission accomplie. En 2013, alors âgé de 25 ans, le garçon trépignait d’impatience à l’idée de lancer son premier spectacle. Deux ans plus tard, l’aventure de la tournée est terminée, mais Je t’aime amorce sa deuxième vie en DVD, et Adib est déjà prêt à aller de l’avant avec de nouveaux projets, fort des apprentissages assimilés dans la foulée de cette première virée dans la cour des grands.

«Avec Je t’aime, j’ai appris à me tenir sur scène pendant une heure et demi, raconte l’humoriste. J’ai rencontré des gens très différents et j’ai constaté comment tout peut changer, d’une place à l’autre. J’ai pris beaucoup d’expérience en visitant le Québec. Je sens que je suis une nouvelle personne, sur scène, maintenant.»

Alkhalidey rencontrait les journalistes, la semaine dernière, pour promouvoir le DVD de son spectacle, dans un tout petit restaurant de l’avenue Mont-Royal, le Kahwa Café, dont le propriétaire est un grand ami à lui. En fait, c’est parce qu’il fréquentait assidûment l’endroit qu’Adib a développé une complicité avec ses gestionnaires. Et c’est assis au comptoir du Kahwa Café qu’il a pondu la presque totalité des textes de Je t’aime.

Attentes réalistes

Adib Alkhalidey avait des attentes très réalistes en se propulsant tête première dans le périple d’un premier one man show à 25 ans. Vu l’excellence de l’œuvre (lisez notre critique ici), encensée partout, on suppose que, si Je t’aime était sorti il y a 10 ans, alors que le marché d’humoristes était moins saturé qu’aujourd’hui, Adib aurait cartonné et peut-être accumulé les billets d’or, ou même platine. Mais les temps ont changé, Adib le sait, et ses espoirs n’étaient pas démesurés. Qui plus est, il connaît bien le public à qui il s’adresse.

«Je suis un Marocain-Irakien de 25 ans qui sort un show au Québec et va en tournée partout, observe posément Adib. Peut-être qu’à première vue, les gens ont l’impression qu’ils vont peut-être moins connecter avec moi. De ce point de vue, moi, je considère que le nombre de représentations que j’ai faites, le nombre de gens que j’ai vus, est au-delà de mes attentes. Avec 35 000 billets et plus de 40 000 spectateurs en un an et demi de tournée, je suis super content.»

«Au Québec, la moyenne d’âge du consommateur moyen, des acheteurs de billets, est de 45 ou 50 ans. Je peux comprendre que des gens de 50 ans n’aient pas envie de venir me voir ; qu’est-ce que je peux avoir à leur dire qu’ils ne savent pas déjà, s’ils ne me connaissent pas? (rires) Si on a à choisir entre deux ou trois humoristes, on va opter pour celui auquel on s’identifie. Peut-être que le DVD va me faire connaître à plus de gens…»

«Peut-être que si j’avais continué, on aurait pu aller encore plus loin, mais moi, j’avais hâte de passer à autre chose. Car j’écris beaucoup. Je produis énormément et, ce que j’aime le plus, c’est de présenter du nouveau matériel. J’ai déjà hâte de présenter mon prochain spectacle. Compte tenu de mon expérience, Je t’aime, c’est pour moi une grande victoire…»

Prochain spectacle

Vous l’aurez deviné, notre homme est un hyperactif, un touche-à-tout incapable de se satisfaire d’un seul jouet. Pour les prochains mois, figurent à son agenda l’écriture et l’enregistrement de la deuxième saison de la délicieuse web-série 7$ par jour, qu’il fignole avec son pote Mickaël Gouin, de même que le tournage de la nouvelle série Like-moi, nouvelle création de l’auteur Marc Brunet (Le cœur a ses raisons, Les bobos), qui mettra aussi en vedette Katherine Levac, Marie-Soleil Dion, Florence Longpré et Philippe Audrey Larrue St Jacques, et qui aboutira sur les ondes de Télé-Québec en janvier prochain.

«Marc Brunet est mon idole. Quand il m’a proposé ça, je n’en revenais pas, j’ai dit oui tout de suite. Je n’avais même pas besoin de savoir ce qu’était le projet ; avec lui, je ferais n’importe quoi! Dans Like-moi, on va jouer des sketchs traitant de la génération Y. On va jouer plein de personnages différents, dans une ambiance très réaliste», s’enthousiasme Adib, qui offrira aussi des prestations d’une heure au Zoofest cette semaine (lundi, mardi et mercredi) et qui a été du récent gala Juste pour rire d’Anaïs Favron et Maxim Martin.

Sa web-série Avoir l’air de, où il partage la vedette avec son amoureuse, Mylène Mackay, est également toujours en ligne. D’ailleurs, 7$ par jour, tout comme Avoir l’air de, sont toutes deux finalistes en vue du prochain Gala des Prix Gémeaux. Et c’est sans compter les autres idées qu’il cogite pour les matérialiser à court ou long terme.

Dans cette même veine, Adib Alkhalidey ne regrette pas de ne pas avoir attendu plus longtemps pour présenter Je t’aime, sa première grande carte de visite.

«Moi, je ne suis pas un quelqu’un de calculateur, je suis un gars de cœur. Quand la boîte de production (Encore) m’a proposé de sortir un spectacle, j’ai dit oui tout de suite, parce que c’est ce que j’aime faire, dans la vie, donner des spectacles. Est-ce que quelqu’un de plus calculateur aurait attendu? Peut-être. Mais je sais que je n’aurai pas de difficulté à écrire un autre show dans la prochaine année. Je ne veux pas faire le rythme classique, de rouler un spectacle pendant quatre ans, puis prendre une pause d’un autre quatre ans. Je veux rouler à une autre cadence.»

Oui, son prochain spectacle commence déjà à prendre corps dans sa tête. Adib ne sait pas encore à quel moment il naîtra en bonne et due forme, mais il songe déjà aux thèmes qu’il souhaite aborder.

«J’ai déjà exploré le côté de l’amour ; maintenant, je veux aller vers d’autres avenues, laisse-t-il planer. J’ai envie de parler de religion, d’immigration, de l’homme et de la femme, non pas en couple, mais des genres en général. La théorie des genres m’intéresse beaucoup…»

Le DVD Je t’aime, d’Adib Alkhalidey, est présentement en vente.

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