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21/07/2015 06:49 EDT | Actualisé 21/07/2015 06:50 EDT

Le sable au volleyball comme la glace au hockey (VIDÉO)

À chaque service, smash ou bloc, l'équipe canadienne de volleyball de plage peut compter sur un avantage de 3000 tonnes aux Jeux panaméricains de Toronto. Chaque grain de sable au Stade Chevrolet vient de l'Ontario, et tout ce sable a été préparé minutieusement par une compagnie d'ici. Un porte-bonheur pour les Canadiennes?

Un texte de Christian Noël

Les volleyeurs de plage sont habitués à avoir du sable partout. Mais aux Jeux panaméricains de Toronto, les athlètes voient le sable même dans leur soupe.

« J'adore le sable, il est très souple. » — Georgina Klug, équipe nationale de l'Argentine

« Le sable n'est jamais trop chaud ou trop froid, on ne se brûle pas les pieds. » — Majo Orellana, équipe guatémaltèque

« Quand il pleut, le sable ne s'agglutine pas et ne se transforme pas en boue. C'est moins dangereux pour les blessures. » — Luiz Garcia du Guatemala

Pourtant, du sable, c'est du sable, non? Pas pour l'entreprise ontarienne Hutcheson Sand and Mixes. Basée à Huntsville, à 230 km au nord de Toronto, l'entreprise se spécialise dans la fabrication de sable spécifiquement pour le volleyball de plage.

L'équipe féminine de volleyball de plage du Canada joue pour la médaille de bronze aujourd'hui à 15 h.

Comme la glace au hockey

« Le sable pour le volleyball de plage, c'est comme la glace pour le hockey. C'est difficile de jouer du bon hockey sur une mauvaise glace. Au volleyball de plage, c'est la même chose, ça prend du sable de qualité », explique Todd Knappton, vice-président chez Hutcheson.

Toronto a bien une plage naturelle, mais Hutcheson en a recréé une de toute pièce au centre-ville, spécialement pour les Jeux panaméricains.

« Ça ressemble à un gigantesque carré de sable. Mais ça pourrait être très frustrant pour les enfants qui veulent y construire des châteaux, parce que ce sable-là ne colle pas », blague Todd Knappton.

Le sable provient du granite du Bouclier canadien. Il est filtré, tamisé, lavé et poli, pour respecter des normes très strictes.

La « plage » de Toronto

  • 5 terrains de volleyball de plage
  • 3000 tonnes métriques de sable
  • 80 camions-remorques pour le transporter
  • 60 cm de profondeur de sable pour chaque terrain
  • 1 mm de diamètre maximum pour chaque grain de sable

« Ça fait vraiment une différence. Sur les vraies plages, au bord de l'eau, et il n'y a pas de contrôle de qualité. Un terrain peut être trop dur et l'autre trop mou. Ici, aux Jeux panam, on a du sable de qualité constante, de niveau olympique. » — Taylor Pischke, volleyeuse canadienne

Comme une glace trop molle ralentit le jeu ou fait sauter la rondelle au hockey, la qualité du sable affecte le travail des athlètes, raconte sa coéquipière canadienne, Melissa Humana-Paredes.

« Comme joueuse défensive, je dois souvent plonger pour récupérer un ballon. Il y a certains types de sable qui sont rudes, qui vous égratignent ou qui vous coupent. Ça peut me rendre hésitante à plonger, et ce n'est pas une bonne chose pour une athlète. Mais le sable ici est plus doux, ça fait toute une différence. »

« En tant que bloqueuse, ajoute Taylor Pischke, je suis toujours en train de sauter. Il faut que je m'adapte au terrain. Si le sable est dur, c'est plus facile pour sauter, mais c'est plus dangereux pour les genoux. Mais quand le sable est trop mou, tu sens que tu t'enlises et tu perds de la hauteur. »

Marchand de sable canadien dans le désert d'Arabie

Hutcheson fabrique du sable pour le volleyball de plage depuis une quinzaine d'années « à la demande des athlètes », affirme Todd Knappton. L'équipe canadienne cherchait du sable de qualité pour son centre d'entraînement intérieur, à Toronto.

Depuis, la compagnie est devenue le fournisseur officiel de la Fédération internationale de volleyball (FIVB). Hutcheson était responsable du contrôle de la qualité du sable pour tous les Jeux olympiques depuis Sydney en 2000, et le sera à Rio, l'an prochain.

Todd Knappton revient même d'un voyage à Doha, au Qatar, en plein milieu du désert d'Arabie, pour leur vendre... du sable! En vue des compétitions internationales de la FIVB en novembre.

« C'est sûr qu'ils ne manquent pas de sable là-bas », reconnaît Todd en riant, « mais c'est du sable de désert, trop fin et poussiéreux ».

« Ce n'est pas la même qualité. Nous avons donc développé un partenariat avec une carrière en Turquie, avec qui nous avons partagé notre recette et notre technologie, pour que le sable respecte les normes de la FIVB. »

Balayé, mais pas jeté

Après les Jeux panaméricains, le sable du volleyball de plage sera récupéré pour laisser un héritage après les Jeux. Les 3000 tonnes seront transportées à North Bay, qui doit mettre sur pied un nouveau centre d'entraînement national pour le volleyball de plage.

Un huard enfoui dans le sable?

L'équipe canadienne est convaincue que le sable ontarien leur donnera un coup de pouce pour le match de la médaille de bronze cet après-midi.

« Nous utilisons le même sable à notre centre d'entraînement ici à Toronto. On y est habitués, ça nous donne un léger avantage. Peut-être que ça nous portera chance. » — Melissa Humana-Paredes, volleyeuse canadienne

La question que plusieurs se posent : Y a-t-il une pièce de 1 $ canadien enfouie sous le sable du terrain des Jeux panaméricains, comme porte-bonheur? Le vice-président de Hutcheson se contente de sourire d'un air mystérieux. « Si vous venez me voir après de dernier match, dit Todd, on va creuser pour voir ce qu'on peut trouver. »

Lors des Jeux olympiques de 2002, un employé canadien avait dissimulé un huard chanceux sous la glace à Salt Lake City. D'autres expériences ont été tentées à différents endroits depuis.

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