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19/07/2015 10:59 EDT | Actualisé 19/07/2016 01:12 EDT

Résidence Cooke : la vidéo de l'incident continue de provoquer des réactions

La diffusion d'une vidéo captée au Centre d'hébergement Cooke à Trois-Rivières provoque un flot de réactions, autant de la part des syndicats que des regroupements d'usagers.

Johanne Panneton allait visiter sa mère, âgée de 85 ans, au centre d'hébergement Cooke mercredi dernier, quand elle a constaté que deux résidants étaient au sol, sans aide pour les aider à se relever.

Après avoir parcouru le corridor afin d'aller voir les deux personnes pour leur offrir du soutien, Mme Panneton a décidé de filmer la situation, malgré la panique qui l'agitait. Une décision prise après avoir précédemment constaté d'autres manquements.

En point de presse, le président du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Martin Beaumont, a indiqué qu'une enquête administrative avait été lancée, mais a défendu son personnel qui, selon lui, a agi dans les normes. Il a jugé convenable le délai d'intervention.

Madame Panneton soutient toutefois que les patients étaient en détresse depuis au moins cinq à dix minutes lorsqu'elle a commencé à filmer. Elle précise qu'elle n'en veut pas aux préposés du centre, qu'elle désire au contraire les aider en dénonçant ces délais « inacceptables ». Selon elle, même si le ratio d'un préposé pour 13 usagers a été respecté, ce ratio n'est « pas humain ». 

Une vidéo qui suscite beaucoup de réactions

Rosaire Hamelin, président du syndicat du personnel auxiliaire au CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec, déplore le manque de personnel et la lourdeur de la tâche qu'ils doivent accomplir.

Pierre Blain, directeur général du regroupement provincial des comités des usagers, constatant que les lits étaient trop élevés pour permettre à une personne d'en descendre aisément, estime aussi qu'il y a un problème à la résidence Cooke. « Mettre seulement à côté quelque chose comme une canne peut-être peut aider une personne. », suggère-t-il.

Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, déplore le fait que cet incident ne soit pas une exception à l'échelle nationale. En entrevue à RDI dimanche midi, elle a affirmé que certains événements peuvent aussi être invisibles, donnant l'exemple des infirmières qui ont beaucoup de médicament à donner et qui manquent de temps pour le faire, ce qui entraine des retards qui peuvent avoir des conséquences sur la santé des résidents.

Mm Laurent a affirmé que sa Fédération voulait travailler de pair avec le gouvernement pour trouver des solutions, qu'il faut « Il faut toujours regarder les besoins des patients », mais dénonce les coupes appliquées selon « cette fameuse norme qui est du mur-à-mur ». Elle a aussi évoqué une population vieillissante « qu'on a l'obligation de traiter de façon respectueuse et humaine. »

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, a demandé une enquête après la diffusion de la vidéo captée au Centre d'hébergement Cooke.

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