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19/07/2015 00:34 EDT | Actualisé 18/07/2016 01:12 EDT

Chine: un avocat des droits de l'Homme a "reconnu sa culpabilité" (média officiel)

Un célèbre avocat chinois a "reconnu sa culpabilité" une semaine après son arrestation lors d'un coup de filet contre des dizaines de défenseurs des droits de l'Homme, a annoncé l'agence officielle Chine nouvelle.

Zhou Shifeng, associé du cabinet pékinois Fengrui, est l'un des 130 avocats arrêtés ou convoqués pour interrogatoire par la sécurité d'Etat au cours de ce mois, selon le décompte d'associations.

Selon Chine nouvelle, Zhou Shifeng a "reconnu sa culpabilité" et supplié qu'on lui offre "une deuxième chance".

"Certaines de mes actions au sein du cabinet d'avocats étaient illégales (...), mes fautes étaient graves", a déclaré M. Zhou, cité par l'agence.

L'avocat assistait des familles d'enfants empoisonnés au lait en poudre produit par un puissant groupe laitier. Il avait défendu l'automne dernier une assistante chinoise du magazine allemand Die Zeit, emprisonnée au retour de manifestations prodémocratiques à Hong Kong. Zhang Miao avait été libérée le 10 juillet, jour de l'arrestation de M. Zhou.

Il avait également défendu cette année un écrivain de 81 ans arrêté pour avoir critiqué le Parti communiste.

Neuf avocats en lien avec le cabinet de M. Zhou ont également été arrêtés ainsi que sept associés, selon Chine nouvelle.

Ces avocats "ont accordé des interviews à des médias étrangers, répandant des opinions hostiles au parti et au gouvernement, calomniant le système judiciaire", a souligné Chine nouvelle.

- 'Incitation à la subversion' -

Parmi les personnes détenues figure Wang Yu, une avocate réputée pour conseiller des victimes d'expropriations immobilières, d'agressions sexuelles ou de détention illégale.

Son fils de 16 ans a été interrogé à plusieurs reprises cette semaine par la police de Tianjin, grande métropole portuaire située à 120 km à l'est de Pékin, a indiqué à l'AFP un ami de la famille.

Des policiers sont en faction devant l'appartement des parents de Wang Yu et "suivent la famille dès qu'elle sort", a précisé cette source en requérant l'anonymat.

Sous la présidence de Xi Jinping, ONG et experts dénoncent un durcissement de la répression contre les voix critiques à l'égard du régime, visant autant les militants des libertés que les simples blogueurs.

Même si le gouvernement promeut vigoureusement le concept d'"autorité de la loi", la justice reste à la botte du pouvoir politique et le taux de condamnation des tribunaux chinois frise les 100%.

Plus de 200 avocats et militants des droits civils ont été inquiétés depuis le 9 juillet, selon Amnesty International.

Le Quotidien du peuple, journal officiel du Parti communiste (PCC), a qualifié le cabinet Fengrui d'"organisation criminelle".

Dans un commentaire diffusé samedi, Chine nouvelle a estimé que les autorités devaient "enfermer les avocats qui rompent leur serment".

"Les rapports de police sur les agissements des suspects comportent un élément particulièrement perturbant: les avocats sont soupçonnés de financer et d'organiser des manifestations en soutien de leurs clients", accuse l'agence.

Trois des militants détenus encourent une peine de 15 ans de prison pour "incitation à la subversion", selon des documents lus par des proches des mis en cause.

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