DIVERTISSEMENT
18/07/2015 08:00 EDT | Actualisé 18/07/2015 08:01 EDT

Gala Favron-Martin : rien à envier! (PHOTOS)

David Kirouac

Même si c’était là le thème de leur gala Juste pour rire, Anaïs Favron et Maxim Martin n’ont absolument rien à envier aux autres animateurs. Leur spectacle sur le péché capital de l’envie, vendredi, à la Salle Wilfrid-Pelletier, a été une enfilade de numéros rondement menés, tous très comiques et livrés par des artistes au sommet de leur art.

Juste pour rire nous offre définitivement un grand cru cet été, avec les galas fort réussis de François Bellefeuille, Laurent Paquin, Philippe Laprise et, maintenant, celui du tandem Favron-Martin.

Qui a proposé le numéro le plus acclamé? L’une des étoiles montantes Adib Alkhalidey, Katherine Levac ou Simon Gouache? Le «duo de duos» formé des Denis Drolet et de Dominic et Martin? Les deux hôtes, Anaïs et Maxim? Toutes ces personnalités ont effectivement obtenu beaucoup de succès, mais c’est le vétéran Michel Barrette qui a récolté les applaudissements les plus nourris avec son analyse du coût de la vie et du regard qu’on jette sur celle-ci au fur et à mesure que le taux d’alcoolémie augmente dans le sang. On aurait dit que la salle n’en pouvait plus, à un certain moment, tellement les rires étaient francs. Un délicieux moment d’humour offert par un vieux routier qui n’a décidément pas perdu la touche.

Début tranquille

Auparavant, la soirée avait commencé tranquillement avec un échange d’ouverture correct entre Anaïs Favron et Maxim Martin. Dans un décor de jeu-questionnaire clinquant, avec voiture de luxe et électroménagers à remporter, les deux collègues se sont donné la réplique en se lançant quelques banalités qui faisaient sourire, sans plus. Anaïs a hérité de quelques-unes des meilleures phrases. «Il y a plein d’affaires que j’envie chez toi, dont le temps que ça te prend pour te faire sécher les cheveux», a-t-elle avoué à son comparse, ou encore, «Les blondes veulent être brunes, et les brunes veulent être connes.»

Le premier invité, Jérémy Demay, a repris quelques extraits de son one man show, Ça arrête pu d’bien aller!, donc du matériel déjà entendu, mais qui a été fort apprécié. Le gaillard a ri de sa grande taille («Même me masturber dans les toilettes d’un avion, je ne peux pas») et a comparé des expressions et coutumes de la France et du Québec. Il s’est mérité la première ovation debout du gala, la première d’une longue suite.

Tout de suite après, Sylvain Larocque a très bien fait, d’abord en reconnaissant qu’il ne trouve pas son propre visage accueillant. «En dedans, je suis un pinson et, en dehors, je suis une mouette qui tousse dans le smog au-dessus d’une fontaine dans un parc ; quand j’étais petit, j’étais le seul qui faisait peur aux pédophiles ; je suis le seul à qui ils ont demandé de sourire sur sa photo de passeport.» Les femmes, les chats, les «épais», les cols blancs et même Dave Morissette ont été écorchés dans sa petite tirade intelligente et pleine de contenu.

Brillante relève

La relève en humour québécois est en pleine santé. En ont fait foi Adib Alkhalidey, Katherine Levac et Simon Gouache, tous irréprochables.

Toujours irrésistible, Adib Alkhalidey est revenu sur son expérience de tournage avec des enfants pour la web-série 7$ par jour. «Les enfants sont la pire sorte d’êtres humains au monde», a-t-il décrété, admettant ensuite qu’il est jaloux des bambins qui peuvent se jeter par terre pour avoir tout ce qu’ils veulent. Ses observations se sont ensuite dirigées vers les comportements au volant. Attachant, habile conteur, Adib a tout pour lui.

Katherine Levac n’avait pas encore montré le bout de son nez qu’on percevait déjà l’excitation du parterre après avoir entendu son nom. La Paidge Beaulieu de SNL Québec a déjà son bassin d’admirateurs. Sa passion pour l’école, son caractère de princesse, son fantasme de vivre dans les années 1600, tout a plu au public, qui s’est régulièrement interrompu pour applaudir cette jeune Levac bourrée de talent.

Simon Gouache s’était fait remarquer au gala sur le sexe opposé d’Anaïs Favron et Maxim Martin l’an dernier ; il n’a pas déçu encore cette fois en énumérant les curieux comportements des garçons lorsqu’ils sont seuls. Sa description d’une soirée de fille en solitaire était aussi à se rouler par terre. Gouache a été notre coup de cœur de cette ode à l’envie; autant ses textes que sa performance sont à saluer.

Anaïs Favron a introduit Guillaume Wagner en blaguant que ce dernier couche avec Gilbert Rozon, puisqu’il est de tous les galas JPR de cette année. «Il s’est essayé, mais on a eu une entente hors cour», a répliqué Guillaume. C’a été l’une des meilleures lignes de son passage. Wagner a en effet été un peu moins solide vendredi que les soirs précédents. En partant de l’expression «Du pain et des jeux», le jeune homme a tenté de deviner, avec insolence, comment réagirait un fanatique du Canadien si on lui enlevait ses parties de hockey. On connaît le caractère frondeur de Guillaume, mais ses déductions sentaient presque le mépris.

Quatuor de la mort

Le segment conjoint des Denis Drolet et de Dominic et Martin a tourné à la foire, comme vous pouvez vous en douter, mais c’était hilarant. S’obstinant, se complimentant, nos joyeux lurons se sont «lâchés lousses», comme on dit. Mention spéciale à Dominic Sillon qui a piqué deux ou trois saintes colères à la face du Denis barbu. «Moi je peux remettre mon œil, toi pas, joue prudemment!», a-t-il craché à son «ennemi». Les quatre ont fini leur tour de piste en parlant tous en même temps. «On est un quatuor de la mort», a été leur mot de la fin. Une très bonne idée que de marier ces deux univers aux antipodes l’un de l’autre.

Deux sketchs fort sympathiques ont marqué la mi-temps et la fin du gala. En premier lieu, Anaïs Favron et Pierre-François Legendre ont interprété un couple désireux de trouver une copine à leur ami (Maxim Martin). La comédienne Maxim Roy était la perle rare désignée par une Anaïs mégère à outrance. Le souper à quatre ne s’est pas terminé comme celle-ci l’aurait voulu.

Puis, en conclusion, on a eu droit à une petite mise en scène très drôle, réunissant quelques humoristes du gala, dans laquelle Maxim Martin se faisait accuser pour une faute de Simon Gouache. Le meilleur gag de ce segment de clôture parfait? «Personne n’a vu sa carrière être scrap pour un pénis sorti au mauvais moment…», une gracieuseté de Maxim Martin.

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