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17/07/2015 13:58 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

USA: le "suspect" voyage en Jordanie de l'homme qui a tué 4 militaires

Les enquêteurs s'intéressaient vendredi à un déplacement en Jordanie du tireur solitaire qui a abattu quatre militaires aux Etats-Unis avant d'être tué jeudi, pour tenter d'expliquer le geste du jeune homme qui avait échappé à toute surveillance.

Les autorités, qui n'excluent pas un possible acte de "terrorisme intérieur", tentent de reconstituer le parcours de l'auteur de la fusillade, identifié par la police fédérale (FBI) comme étant Mohammad Youssuf Abdulazeez.

Le jeune homme de 24 ans, apparemment sans histoire et qui vivait dans une banlieue calme de Chattanooga (Tennessee, sud), a voyagé en Jordanie, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP, confirmant des informations parues dans la presse américaine.

Il y a passé "près de sept mois l'an dernier", a expliqué le New York Times vendredi, citant un haut responsable anonyme du renseignement.

Les enquêteurs épluchent les données des ordinateur, téléphone et comptes sur les réseaux sociaux pour tenter de savoir s'il a pu ou non être en contact avec des organisations terroristes durant son séjour dans le pays, poursuit le journal.

Le jeune homme, un ancien étudiant de l'université du Tennessee diplômé en ingénierie, semblait avoir ouvert un blog qui ne contenait ni d'éléments montrant une radicalisation, ni de menaces.

"La vie est courte et amère" et les musulmans ne devraient "pas laisser passer l'occasion de se soumettre à Allah", a-t-il par exemple récemment écrit, selon le site américain spécialisé SITE.

Il n'avait eu affaire à la police qu'une fois: il avait été arrêté en avril, pour conduite en état d'ébriété.

Jeudi matin, le Jordanien né au Koweït et naturalisé américain, s'est attaqué tout d'abord à un bureau de recrutement des Marines avant de se diriger vers un centre de réservistes, où il a tiré "en longues rafales".

Parmi les quatre Marines tués, se trouvait le sergent Thomas Sullivan, qui a servi deux fois en Irak, où il avait été blessé. L'attaque a également fait trois blessés, un recruteur des Marines, un marin et un policier.

- 'Dirigé par quelqu'un'? -

"Cette attaque soulève plusieurs questions", explique la source du NYT, notamment celle de savoir s'il "était dirigé par quelqu'un ou si la propagande là-bas (en Jordanie) est suffisante pour le motiver" à passer à l'acte.

Les enquêteurs s'intéressent tout particulièrement à ce séjour "suspect" en Jordanie, également pour savoir s'il s'est rendu dans des pays voisins à partir de là, selon le Wall Street Journal qui cite également une source anonyme.

D'autres informations de presse, non confirmées, font état d'un possible déplacement au Yémen.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a simplement indiqué que les enquêteurs étudiaient plusieurs pistes quant aux motivations de l'assaillant.

"Evidemment, la composante locale est importante, mais (...) les autorités examinent également quelles sont ses connexions partout ailleurs", avait également indiqué plus tôt vendredi Andy Berke, le maire de Chattanooga, théâtre de la fusillade.

Ali Soufan, ancien agent du FBI qui a traqué Al-Qaïda pendant de longues années et désormais consultant en sécurité, a estimé de son côté que "l'idéologie du Ben Ladenisme, reprise par les membres et les soutiens de (l'organisation) Etat islamique et d'autres groupes terroristes l'a aidé à appuyer sur la détente", faisant référence aux incitations à attaquer de l'intérieur les pays occidentaux.

Le calendrier de l'attaque, a-t-il ajouté, le dernier jour du ramadan, porte le sceau des appels de l'EI.

Le maire Andy Berke a par ailleurs indiqué que Mohammad Youssuf Abdulazeez "n'était pas à notre connaissance" dans le collimateur des autorités comme un danger potentiel pour la sécurité nationale.

"Nous n'avions de manière certaine aucune indication (permettant de signaler) qu'il était une menace ou qu'hier il allait se passer quelque chose", a ajouté l'édile, précisant que sa ville ne connaissait aucun problème de radicalisation avec sa communauté musulmane.

Le ministère de l'intérieur du Koweït a lui insisté sur le fait qu'il ne s'est rendu sur son sol "qu'une fois entre le 31 mai et le 18 juin 2010".

Il s'agit de la plus grave fusillade visant un bâtiment militaire depuis celle survenue au Navy Yard de Washington en 2013, où 12 personnes sont mortes.

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