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17/07/2015 04:25 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Tusk: l'accord de lundi sur la Grèce, "pas une garantie" pour la suite

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a estimé vendredi que l'accord de lundi sur un troisième plan d'aide à la Grèce n'offre "pas de garanties sur la suite du processus", dans une interview à plusieurs quotidiens européens.

"Cet accord n'est pas une garantie pour les années qui viennent, mais il a permis d'éviter le risque de chaos, d'une banqueroute grecque", juge M. Tusk, selon le texte français de cette interview publiée notamment par le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ, Allemagne), Le Monde (France) et Kathimerini (Grèce).

"Nous n'avons pas de garanties sur la suite du processus, qui est compliqué. Il y a des chausse-trappes", insiste-t-il, ajoutant: "Je ne peux pas exclure que nous n'ayons pas besoin d'un autre sommet cet été, mais j'espère que cela ne sera pas nécessaire".

Alors que le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, devait se prononcer vendredi sur l'accord signé lundi, M. Tusk estime que l'Allemagne n'est pas sortie "gagnante" des discussions, "car c'est quand même elle qui va devoir prêter les plus gros montants à Athènes".

Il indique également que l'Allemagne ne fait pas partie des négociateurs les plus durs le week-end dernier. "La chancelière était prête à un compromis. Mais certains Etats membres avaient peur qu'un accord soit rejeté par leurs Parlements nationaux", raconte-t-il, avant d'expliquer avoir sollicité l'intervention du Premier ministre néerlandais Mark Rutte car "j'ai senti qu'il serait le meilleur représentant de ces Etats".

Concernant la crise grecque, M. Tusk déclare plus généralement ne pas craindre le danger d'une "contagion économique" des autres pays de l'Union européenne: "Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique".

"Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l'illusion idéologique qu'il est désormais possible de changer le cours de l'Europe, qu'on peut construire une autre option que la vision traditionnelle de l'Europe, au discours sur l'austérité", affirme M. Tusk. "Je trouve l'atmosphère très similaire à celle de l'après 1968. Je sens un état d'esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d'impatience en Europe".

Pour autant, M. Tusk rejette l'idée selon laquelle l'eurozone aurait voulu faire payer à M. Tsipras le prix d'un arrêt de la contagion politique. "Je ne peux pas accepter cet argument que la Grèce ou Tsipras ont été punis".

Dans la version de l'interview publié par la FAZ, M. Tusk s'est également exprimé sur la relation franco-allemande, affirmant que lors du sommet, il y avait eu "une répartition naturelle des rôles".

"Dimanche, il a été clair dès le début que (François) Hollande allait jouer le rôle de l'entremetteur entre l'Allemagne et la Grèce", a raconté M. Tusk, ajoutant que le président français "essaie de calmer les émotions, c'est tout à fait dans son tempérament".

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