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17/07/2015 12:57 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Tour de France - 13e étape: la chaleur, cet ennemi invisible

La chaleur, cet ennemi invisible du peloton qui devrait accompagner le Tour plusieurs jours encore, est "une montagne hors catégorie" pour certains coureurs ou, au contraire, un allié "bienvenu" pour d'autres.

Vendredi entre Muret et Rodez, le thermomètre a flirté avec les 40 degrés. A l'arrivée, beaucoup de coureurs pensaient avant tout à boire et à filer dans leur bus, pour y profiter de la fraîcheur artificielle de la climatisation.

"La chaleur nous fatigue, a reconnu Chris Froome, le maillot jaune qui réclamait "de l'eau toutes les dix à quinze minutes".

Depuis trois jours, le soleil tape dur. A l'arrivée à Rodez, quelques coureurs ont dû se coucher pour récupérer, à l'image du sprinter français Bryan Coquard, victime "d'un léger malaise", a-t-il dit, mais vite remis sur pied "par une douche rafraîchissante".

Les coureurs ne sont pas tous égaux face au Roi soleil. Certains adorent. C'est le cas du Belge Jan Bakelants (AG2R).

"J'ai besoin de trois jours pour m'adapter à la canicule, dit-il à l'AFP. Et une fois que c'est fait, je sens que je suis beaucoup plus à l'aise que beaucoup d'autres. On annonce des températures extrêmes ces prochains jours: c'est bienvenu, vous allez me voir jouer la gagne", a-t-il ajouté. "J'ai un avantage par rapport à certains: je transpire très peu".

- Un litre par heure -

A l'opposé, il y a ceux que la chaleur indispose. Thibaut Pinot, 3e du Tour-2014, en fait partie.

"Je m'en suis rendu compte ces derniers jours. Dès qu'il fait trop chaud, je perds vite de l'énergie. La chaleur, c'est une montagne".

Selon des médecins, perdre 1% de son poids en eau équivaut à perdre 10% de force.

"Un sportif qui pèse 70 kg et élimine près de 3 litres d'eau pendant son effort perd 40% de force", note Jan Mathieu, médecin de l'équipe belge Lotto.

"La règle, c'est de boire deux bidons par heure, soit un litre", a-t-il ajouté.

"Cette eau doit aussi contenir du sel", explique le coureur tchèque Jan Barta.

"Je sais que la transpiration et donc la perte de sel pendant l'effort peut aggraver la déshydratation. Je dilue toujours une à deux cuillères à café de sel dans mes bidons", dit-il.

Certains coureurs s'aspergent d'eau ou placent de la glace sur la nuque. Bonne idée ?

Pour l'Autralien Michael Matthews, ce n'est pas certain: "quand on commence à s'asperger, on ne s'arrête plus. Le corps se refroidit mais se réchauffe ensuite très vite. Le réflexe est alors de recommencer. Certains coureurs consomment alors plus de vingt, voire trente bidons par jour. Le problème, c'est qu'il faut aller les chercher", rigole le coureur d'Orica.

Si les prévisions météo se vérifient, le peloton n'en a pas fini avec les températures élevées.

De quoi en inquiéter plus d'un, à l'image d'Alexandre Geniez, l'un des acteurs de la journée de vendredi: "Avec ce temps, c'est plus difficile de récupérer. Je pense que beaucoup de coureurs sont très fatigués. La chaleur ne va pas améliorer l'état général du peloton".

bnl/bvo