NOUVELLES
17/07/2015 06:41 EDT | Actualisé 17/07/2016 01:12 EDT

Roumanie: le président rejette un allègement fiscal critiqué par le FMI et l'UE

Le président conservateur roumain Klaus Iohannis a renvoyé vendredi au Parlement le nouveau code fiscal qui prévoit notamment une baisse de la TVA, un texte critiqué par les bailleurs de fonds en raison du risque de dérapage budgétaire.

"Un simple allègement fiscal, non accompagné d'une meilleure collecte des revenus et d'une baisse des dépenses publiques, risque d'entraîner des déséquilibres qui auront un impact négatif sur la situation économique et sociale future", a indiqué M. Iohannis dans une lettre appelant le Parlement à réexaminer ce texte.

Selon lui, la Roumanie doit à tout prix éviter de "revenir à des politiques budgétaires risquées", dont le coût devra être payé par les contribuables.

Le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta a aussitôt réagi sur son compte Facebook, dénonçant "une décision politicienne destinée à bloquer l'activité du gouvernement", ou, pire encore, "une décision adoptée en dehors de la Roumanie et contraire aux intérêts de la Roumanie, que M. Iohannis tient à mettre en oeuvre".

Le Parlement avait adopté à l'unanimité ce projet de code fiscal en juin, malgré les critiques du Fonds monétaire international (FMI) et de l'Union européenne.

La mesure phare de ce texte est l'abaissement de la TVA de 24 à 19% à compter du 1er janvier 2016

Dans le projet initial, la TVA devait être réduite à 20%. Mais M. Ponta avait annoncé via Facebook, depuis son lit d'hôpital en Turquie et quelques jours seulement avant le vote du Parlement, avoir décidé d'aller plus loin en l'abaissant à 19%.

Cette mesure devrait entraîner un manque à gagner d'environ 3 milliards d'euros. Selon le gouvernement, ce déficit pourrait être compensé en partie par une hausse de la consommation et par la création de 145.000 emplois.

Le FMI et l'UE ont à plusieurs reprises mis en garde contre le risque de dérapage budgétaire.

Bruxelles a notamment estimé que le déficit s'élèverait à 3,5% du Produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine si cet allègement entrait en vigueur.

La Roumanie, un des membres les plus pauvres de l'UE, est sortie d'une sévère récession grâce à un prêt d'urgence de 20 milliards d'euros des créanciers internationaux en 2009.

En 2013, elle avait conclu un nouvel accord de deux ans accompagné d'une ligne de crédit de 4 milliards d'euros, à utiliser en cas de crise majeure, s'engageant en retour à mettre en place des réformes demandées par les institutions internationales.

mr/jh